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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 2 CHAPITRE 8 Les questions du roi Pariksit.
pramanam anda-kosasya
bahyabhyantara-bhedatah mahatam canucaritam varnasrama-viniscayah
L'attitude de Maharaja Pariksit est celle d'un véritable dévot de Krsna: nous le voyons en effet soucieux de comprendre toute la signification de la création du Seigneur, de connaître l'espace qui s'étend à l'intérieur et à l'extérieur de la forme universelle. Quiconque cherche véritablement la connaissance se doit de posséder un tel savoir. Quant à ceux qui estiment que les dévots du Seigneur se contentent d'une démarche sentimentale, les questions de Maharaja Pariksit constituent une bonne leçon qui leur démontre comment un pur dévot du Seigneur cherche à connaître la réelle perfection des choses. Les savants modernes demeurent incapables de connaître ne serait-ce que l'espace contenu à l'intérieur de l'univers, et que dire de celui qui s'étend au-delà de ses limites. De plus, Maharaja Pariksit ne se contente pas seulement d'un savoir matériel mais il cherche également à connaître la personnalité et les activités des grandes âmes, des dévots du Seigneur. Ainsi les gloires du Seigneur et de Ses dévots font-elles l'objet de tout l'enseignement contenu dans le Srimad-Bhagavatam. Sri Krsna révéla également l'entière création universelle à Sa mère alors que celle-ci, entièrement fascinée par son fils, regardait dans Sa bouche pour voir si l'enfant avait mangé de la terre. Ainsi, par la miséricorde du Seigneur, Ses dévots sont à même de voir l'univers tout entier, manifesté dans Sa bouche. Une autre question soulevée dans ce verset concerne le principe même de la division systématisée de la société en quatre varnas et asramas. Ces divisions sont comparables aux diverses parties du corps -la tête, les bras, le ventre et les jambes- qui, bien qu'elles ne se distinguent pas du corps, n'en restent pas moins que des parties. Tel est le principe scientifique qui régit l'institution des quatre varnas et asramas. Or, c'est uniquement dans la mesure où il permet de développer le service de dévotion offert au Seigneur que l'on jugera de la valeur de ce système. Toute personne engagée au service de l'Etat, par exemple, même le président, fait partie intégrante de l'Etat dans son entier. Chacun sert donc le gouvernement, mais nul ne peut dire être lui-même le gouvernement. Et telle est la position de tous les êtres distincts au sein du gouvernement du Seigneur Suprême. Nul ne peut prétendre occuper la position absolue du Seigneur, mais il incombe à tous les êtres de servir l'intérêt du Tout complet et suprême.
yugani yuga-manam ca
dharmo yas ca yuge yuge avataranucaritam yad ascaryatamam hareh
Sri Krsna est l'originelle Personne Divine, et toutes les manifestations du Seigneur Suprême, bien que non différentes de Lui, s'identifient à des émanations de Sa Personne. Maharaja Pariksit interrogea Sukadeva Gosvami, grand sage et érudit, au sujet des diverses activités accomplies par ces manifestations divines, afin que leur authenticité puisse être confirmée dans les Ecritures révélées, précisément par leurs activités. Maharaja Pariksit n'était pas homme à se laisser emporter par de simples sentiments; il ne voulait pas accepter les manifestations du Seigneur à la légère mais plutôt sur la base des caractéristiques révélées dans les Ecritures védiques et confirmées par un acarya comme Sukadeva Gosvami. Le Seigneur apparaît de par Son énergie interne, sans y être contraint par les lois de la nature matérielle; de même, Ses Actes relèvent eux aussi du merveilleux, et ils se trouvent déjà mentionnés dans les Ecritures. Sachons donc que les Actes du Seigneur et le Seigneur Lui-même sont en tout point identiques puisque tous participent de l'Absolu. Ainsi, le fait de se prêter à l'écoute du récit de ces Actes revient à se trouver au contact direct du Seigneur, ce qui implique naturellement que l'on se purifie de la souillure matérielle par ce contact. Nous avons déjà traité ce sujet dans les premiers chapitres de ce Chant.
nrnam sadharano dharmah
savisesas ca yadrsah sreninam rajarsinam ca dharmah krcchresu jivatam
Le service de dévotion représente l'occupation spirituelle commune à toutes les catégories d'êtres humains, quels qu'ils soient. Même les animaux peuvent prendre part au service de dévotion offert au Seigneur, et le meilleur exemple en est Sri Vajrangaji, ou Hanuman, le grand dévot de Sri Rama. Comme nous l'avons déjà mentionné, même les primitifs et les cannibales peuvent emprunter cette voie s'ils se trouvent guidés par un authentique dévot du Seigneur. Le Skanda Purana rapporte l'histoire d'un chasseur de la jungle qui, sous la direction de Sri Narada Muni, devint une âme parfaitement réalisée, abandonnée au Seigneur. Tous les êtres vivants, sans distinction, peuvent donc prendre part au service d'amour du Seigneur. De toute évidence, une option religieuse propre à une culture ou contrée particulière ne saurait former la religion commune des êtres humains. Mais le service de dévotion est bien ce principe commun et fondamental de la spiritualité. Et même s'il advenait qu'un ordre religieux ne reconnaisse pas la suprématie de Dieu, la Personne Suprême, ses adeptes devraient néanmoins se soumettre à la discipline établie par leur guide religieux. Mais cet occasionnel "chef spirituel" ne saurait en aucun cas être le chef suprême de la foi car il ne parvient à sa position qu'après de rudes épreuves. Comme nous pouvons le constater dans les Activités de Sri Krsna, le Seigneur Suprême n'a pas besoin pour accéder à Sa position de maître souverain, de Se soumettre à quelque discipline que ce soit. Conçus pour satisfaire aux besoins de la vie, les devoirs liés aux occupations de chaque varna et asrama au sein de la société reposent également sur le facteur essentiel que représente le service de dévotion. La Bhagavad-gita enseigne que l'on peut atteindre à la plus haute perfection de l'existence par le simple fait de consacrer au service dévotionnel du Seigneur les fruits d'actes ainsi accomplis par devoir. Ceux qui observent les principes du service de dévotion ne peuvent donc pas connaître de malheur, car il ne saurait être question d'apad-dharma, de vie spirituelle marquée par la souffrance. Comme -l'expliquera plus loin Srila Sukadeva Gosvami, qui représente la plus haute autorité en la matière, il n'y a d'autre réalité spirituelle que le service de dévotion offert au Seigneur, bien que celui-ci puisse revêtir plusieurs aspects.
tattvanam parisankhyanam
laksanam hetu-laksanam purusaradhana-vidhir yogasyadhyatmikasya ca
yogesvaraisvarya-gatir
linga-bhangas tu yoginam vedopaveda-dharmanam itihasa-puranayoh
Le yogesvara, celui qui maîtrise les pouvoirs surnaturels, peut accomplir huit formes d'exploits merveilleux, telles que se faire plus petit qu'un atome ou plus léger qu'une plume, se procurer tout ce qu'il désire, se rendre n'importe où à son gré, créer une planète dans l'espace, etc. Il existe de nombreux yogesvaras jouissant de divers pouvoirs surnaturels, mais d'entre tous, Siva est le plus puissant, le plus grand des yogis, et ses miracles dépassent de très loin les capacités des êtres de ce monde. Le dévot du Seigneur, bien qu'il ne suive pas directement la voie qui permet d'acquérir des pouvoirs surnaturels, pourra néanmoins, par la miséricorde du Seigneur Suprême, triompher d'un yogesvara aussi puissant que Durvasa Muni. Celui-ci, en effet, s'était pris de querelle avec Maharaja Ambarisa et voulait montrer les merveilleuses prouesses que ses pouvoirs surnaturels lui permettaient d'accomplir. Maharaja Ambarisa était un pur dévot du Seigneur, et sans qu'il n'ait lui-même à fournir un seul effort, le Seigneur le sauva de la colère du yogesvara Durvasa Muni, contraignant ce dernier à implorer le pardon du roi. Pareillement, alors que Draupadi se trouvait dans une situation précaire, face aux Kurus qui voulaient la dévêtir devant toute la cour royale, elle fut protégée de cet affront par le Seigneur qui donna une longueur illimitée à son sari, ce qui la préserva de la nudité. Or, Draupadi n'a jamais eu conscience de posséder le moindre pouvoir surnaturel. Ainsi, par la puissance illimitée du Seigneur, Ses dévots deviennent également des yogesvaras, tout comme un enfant bénéficie de la puissance de ses parents. En effet, la sécurité d'un enfant est naturellement assurée par ses parents, si bien qu'il n'a pas à chercher ailleurs sa protection. Maharaja Pariksit demanda à Sukadeva Gosvami, le sage brahmana, de lui révéler l'ultime perfection que pouvaient atteindre les grands yogis. Il voulut également savoir si ces pouvoirs extraordinaires étaient le fruit de leurs propres efforts ou s'ils leur étaient accordés de par la miséricorde du Seigneur. Il s'enquit ensuite du processus par quoi ils se détachent du corps matériel, grossier et subtil, et il lui demanda enfin de lui dévoiler le but et l'essence du savoir védique. La Bhagavad-gita (XV.15) enseigne à ce propos que le but de tous les Vedas est de connaître Dieu, et d'ainsi s'engager dans Son service d'amour absolu.
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |