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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 2 CHAPITRE 9 Réponses à la lumière de
l'enseignement du Seigneur.
bhrtya-prasadabhimukham drg-asavam
prasanna-hasaruna-locanananam kiritinam kundalinam catur-bhujam pitamsukam vaksasi laksitam sriya
L'Uttara-khanda du Padma Purana donne une description complète du yoga-pitha, l'endroit précis où le Seigneur paraît devant Ses dévots éternels. En ce yoga-pitha, religion, savoir, opulence et renoncement personnifiés se tiennent aux pieds pareils-au-lotus du Seigneur, et avec eux, les quatre Vedas en personne, nommément le Rk, le Sama, le Yajur et l'Atharva, qui Lui présentent leurs suggestions. Les seize énergies, avec à leur tête Canda, sont également présentes. Canda et Kumuda gardent le seuil, Bhadra et Subhadra l'entrée intermédiaire, et à la dernière porte se tiennent Jaya et Vijaya. On trouve également d'autres gardiens, tels Kumuda, Kumudaksa, Pundarika, Vamana, Sankukarna, Sarvanetra, Sumukha, etc. Ainsi le palais du Seigneur est-il richement décoré et fort bien protégé par les gardes mentionnés ci-dessus.
adhyarhaniyasanam asthitam param
vrtam catuh-sodasa-panca-saktibhih yuktam bhagaih svair itaratra cadhruvaih sva eva dhaman ramamanam isvaram
Le Seigneur jouit naturellement de six excellences: nul n'égale Sa richesse, Sa puissance, Sa renommée, Sa beauté, Son savoir et Son renoncement. Le servent également Ses énergies créatrices matérielles, dont quatre qui conrrespondent au principe de la prakrti, du purusa, du mahat-tattva et de l'ego, seize qui sont constituées par les cinq éléments (la terre, l'eau, le feu, l'air et l'éther), les cinq organes de perception sensorielle (les yeux, les oreilles, le nez, la langue et la peau), les cinq organes d'action (les mains, les jambes, l'estomac, l'anus et les organes génitaux), et le mental. Enfin, cinq autres énergies sont représentées par les objets des sens, soit la forme, le goût, l'odeur, le son et l'objet du toucher. L'ensemble de ces vingt-cinq éléments servent le Seigneur dans la création matérielle, et chacun d'eux, dans une forme personnifiée, satisfait Ses désirs. Quant aux huit perfections mineures (les asta-siddhis, qui confèrent aux yogis certains pouvoirs éphémères), elles demeurent également sous Son contrôle; Lui possède naturellement et sans aucun effort tous ces pouvoirs, et c'est pourquoi Il est le Seigneur Suprême. En se livrant à des exercices physiques et à une ascèse sévère, l'être distinct peut obtenir certains pouvoirs merveilleux, mais cela ne l'élève pas pour autant au niveau du Seigneur Suprême. De par Ses propres énergies, le Seigneur fait montre d'une puissance infiniment plus grande que celle de n'importe quel yogi, d'une érudition qui dépasse également à l'infini celle de tout jnani; Il est infiniment plus riche et possède des traits plus charmants qu'aucun autre; Il est plus charitable qu'aucun philanthrope. Il Se situe au-delà de tout: nul ne Le surpasse ni même ne L'égale. Aucune ascèse ou pratique yogique ne saurait permettre à quiconque d'atteindre la perfection de Ses pouvoirs, ci-dessus mentionnés. Les yogis dépendent de Sa grâce et parce qu'Il Se montre infiniment charitable, Il peut leur accorder certains pouvoirs temporaires auxquels ils aspirent. Néanmoins, les purs dévots du Seigneur, qui ne désirent rien de Lui sauf de pouvoir Le servir avec un amour absolu, sont pour Lui une telle source de satisfaction que le Seigneur S'offre en personne en échange de ce service.
tad-darsanahlada-pariplutantaro
hrsyat-tanuh prema-bharasru-locanah nanama padambujam asya visva-srg yat paramahamsyena pathadhigamyate
Les premières pages du Srimad-Bhagavatam annoncent que toute l'oeuvre est destinée aux paramahamsas (paramo nirmatsaranam satam), aux êtres affranchis de toute inclination au mal. Cette tendance perverse qui marque l'existence conditionnée se manifeste originellement à l'égard du Suprême, c'est-à-dire de Dieu, la Personne Souveraine. La Personnalité de Dieu est un fait établi par toutes les Ecritures révélées. La Bhagavad-gita souligne tant l'importance de l'aspect personnel du Seigneur, que la dernière partie de cette oeuvre prestigieuse fait ressortir en termes catégoriques qu'il faut s'abandonner à la Personne Suprême pour échapper aux souffrances de l'existence conditionnée. Malheureusement, les êtres qui vivent dans l'impiété ne croient pas en Dieu, et, contrairement à la position naturelle de l'être distinct, chacun ambitionne de devenir Dieu. Cette inclination au mal conduit finalement l'âme conditionnée à vouloir ne faire qu'Un avec le Seigneur. Ainsi, à cause de ce mental diabolique, même le plus grand des empiristes, qui essaie d'atteindre à la même position que le Seigneur Suprême par la spéculation philosophique, ne saurait devenir un paramahamsa. Seul celui qui adhère strictement à la pratique du bhakti-yoga pourra donc s'élever au stade de paramahamsa. Et ce bhakti-yoga débute lorsque l'être s'établit dans la ferme conviction que la seule pratique du service de dévotion offert au Seigneur, avec un amour purement spirituel, donnera d'atteindre le plus haut niveau de perfection. Brahmaji crut en cet art du bhakti-yoga; il attacha foi à l'ordre du Seigneur qui lui demandait d'exécuter le tapa, et se livra ainsi à une grand ascèse qui s'acheva brillamment sur la vision du Seigneur et de Vaikunthaloka, dont il put personnellement constater la réalité. Nul ne peut atteindre la demeure du Seigneur Suprême par quelque procédé mental ou technologique; seul connaîtra les Vaikunthalokas celui qui suit le processus du bhakti-yoga, car on ne peut réaliser le Seigneur qu'à travers cette voie. Brahmaji demeura sur le lotus qui lui servait de siège, et de là, en s'appliquant de tout son coeur à la pratique du bhakti-yoga, il put voir les Vaikunthalokas dans toute leur variété, ainsi que le Seigneur en personne avec Ses compagnons. Quiconque marche sur les traces de Brahma et suit la voie des paramahamsas, celle recommandée par notre verset, atteindra cette même perfection, et ce, même de nos jours. Le Seigneur Caitanya préconisa Lui aussi cette voie de réalisation spirituelle pour les hommes de cet âge. En premier lieu, il faut en toute conviction croire en Dieu, la Personne Suprême, Sri Krsna, et au lieu de s'efforcer de Le réaliser par le biais d'une philosophie spéculative, mieux vaudra recevoir les enseignements qui touchent à Sa Personne, tels que les rapportent la Bhagavad-gita et, dans un second temps, le Srimad-Bhagavatam. De tels messages doivent être reçus des lèvres d'une personne bhagavatam, et non pas de quelque professionnel, d'un karmi, d'un jnani ou d'un yogi. Tel est le secret qui s'attache à l'acquisition de cette science. Il n'est pas nécessaire d'avoir adopté l'ordre du renoncement pour y accéder; on pourra demeurer dans sa condition présente, mais il faudra toutefois rechercher la compagnie d'un authentique dévot du Seigneur et, avec foi et conviction, recevoir de ses lèvres le message spirituel et absolu du Seigneur. Telle est donc la voie du paramahamsa, que recommande ce verset. Parmi tous les Saints Noms du Seigneur, celui d'ajita indique que nul ne peut Le mettre sous sa domination. Pourtant, Il Se trouve conquis par celui qui suit la voie dite paramahamsa, ce qu'un maître spirituel aussi prestigieux que Brahma démontra lui-même de par sa propre expérience, et c'est en ces termes qu'il recommande d'adopter le paramahamsa-panthah:
tam priyamanam samupasthitam kavim
praja-visarge nija-sasanarhanam babhasa isat-smita-socisa gira priyah priyam prita-manah kare sprsan
La création du monde matériel n'est pas un phénomène aveugle ou dû au hasard. Elle offre aux êtres éternellement conditionnés, ou nitya-baddha, une occasion d'atteindre la libération sous la direction d'un représentant du Seigneur tel que Brahma. Si le Seigneur instruisit ce dernier dans le savoir védique, c'est qu'Il désirait voir cette connaissance diffusée parmi les âmes conditionnées. Il s'avère en effet nécessaire que le Seigneur conçoive la création ainsi que le processus de diffusion du savoir védique pour le bien des êtres prisonniers de la matière, qui ont oublié le lien qui les unit au Seigneur. Brahma assume la très grande responsabilité de délivrer les âmes conditionnées et c'est pourquoi il est très cher au Seigneur. Brahma s'acquitte parfaitement de son devoir, non seulement en engendrant les êtres vivants mais également en envoyant ses disciples prêcher aux âmes déchues. Sa filiation spirituelle, que l'on désigne sous le nom de Brahma-sampradaya, s'emploie donc naturellement à ramener les âmes déchues au royaume de Dieu, leur demeure originelle. Comme le souligne la Bhagavad-gita, le Seigneur désire profondément voir les fragments de Sa Personne revenir à Lui. Ainsi, nul ne Lui sera plus cher que celui qui souhaite ardemment aider les âmes déchues à retourner à Lui. Il existe nombre de renégats de la Brahma-sampradaya dont la seule occupation consiste à accentuer chez les hommes l'oubli du Seigneur et à les empêtrer ainsi toujours plus dans l'existence matérielle. Ceux-là ne sauraient en aucun cas jouir de l'affection du Seigneur, qui les relègue plutôt à la partie la plus sombre de cet univers de matière, de telle sorte que ces êtres démoniaques et pleins d'envie ne puissent jamais Le connaître. Par contre, sera toujours cher au Seigneur celui qui, dans la lignée de la Brahma-sampradaya, répand Son message; et pour montrer Sa satisfaction à un tel prédicateur de l'authentique tradition de la bhakti, le Seigneur lui serre volontiers la main.
sri-bhagavan uvaca
tvayaham tositah samyag veda-garbha sisrksaya ciram bhrtena tapasa dustosah kuta-yoginam
O Brahma, toi qui fus imprégné des Vedas, la longue ascèse que tu as endurée, animé du désir de créer, Me comble de plaisir, alors que les prétendus yogis, eux, ne s'attirent guère Mes faveurs.
On distingue deux sortes d'austérités: l'une vise le plaisir des sens, et l'autre, la réalisation spirituelle. De nombreux prétendus yogis se livrent ainsi à de rudes austérités, mais dans un but intéressé, alors que d'autres cherchent, par leur ascèse, à satisfaire les Sens du Seigneur. Les austérités qui ont mené à la découverte des armes nucléaires, par exemple, ne sauraient jamais plaire au Seigneur car elles n'apportent rien de bon. Tous les êtres doivent rencontrer la mort, c'est là une loi naturelle, mais les austérités qui ne font qu'accélérer ce processus de destruction ne contribuent aucunement à la satisfaction du Seigneur. Le Seigneur désire que chacune de Ses parties intégrantes retourne au royaume divin pour y jouir éternellement d'une existence de félicité; voilà le véritable sens de la création du monde matériel. Et c'est dans un tel but que Brahma se soumit à de rudes austérités: il voulait mener à bien l'oeuvre de création de sorte que le Seigneur soit satisfait. Et pour avoir su combler le Seigneur, Brahma reçut en lui la connaissance védique. Le but ultime du savoir védique est de connaître le Seigneur, et il ne doit être utilisé à aucune autre fin. Quant à ceux qui ne le cultivent pas dans ce but, il s'agit de kuta-yogis, de prétendus spiritualistes qui gâchent leur existence avec des motivations matérielles.
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |