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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 2 CHAPITRE 9 Réponses à la lumière de
l'enseignement du Seigneur.
etavad eva jijnasyam
tattva-jijnasunatmanah anvaya-vyatirekabhyam yat syat sarvatra sarvada
Comme il nous fut révélé dans le verset précédent, l'aboutissement de toute question et le but ultime de tout chercheur consistent à saisir le mystère du bhakti-yoga. Chacun poursuit la réalisation spirituelle en suivant une voie particulière -le karma-yoga, le jnana-yoga, le dhyana-yoga, le raja-yoga, le bhakti-yoga, etc.-, et il va de la responsabilité de tout être doué d'une conscience évoluée de se consacrer à cette quête de soi. Quiconque possède un niveau de conscience suffisamment élevé s'interroge assurément sur le mystère de son identité réelle, sur le cosmos, et sur tous les problèmes de l'existence -sociaux, politiques, économiques, culturels, religieux, moraux, etc.- jusque dans leurs plus subtiles ramifications. Mais ici, nous découvrons le but même de toutes ces questions. La philosophie du Vedanta-sutra s'ouvre d'ailleurs sur ces questions qui ont trait à la vie, et le Bhagavatam y répond jusqu'à en révéler tous les secrets. Brahma désirait être parfaitement instruit par Dieu, la Personne Suprême, et le Seigneur répondit à son désir en lui donnant ces quatre versets clé, depuis aham eva jusqu'au présent verset. Tel est l'aboutissement de toutes les voies de réalisation spirituelle. Les hommes ignorent que le but ultime de l'existence est Dieu, la Personne Suprême, ou Visnu, car ils sont éblouis par reflet qui luit dans l'obscurité, et c'est ainsi que tous s'enfoncent dans les ténèbres de l'existence matérielle, emportés par leurs sens incontrôlés. Du fait que l'existence matérielle tout entière trouve sa source dans le désir de jouir du plaisir des sens, lequel repose principalement sur le désir sexuel, il résulte que ce même plaisir demeure le but unique vers lequel convergent les activités de tous les êtres de ce monde, et ce, en dépit de tous les progrès de la connaissance. Chacun se doit donc de connaître le véritable but de l'existence, tel qu'il est ici révélé, en interrogeant un maître spirituel authentique et qualifié dans la science du bhakti-yoga, ou en d'autres mots, une personne dont la vie même s'accorde sur l'enseignement du Bhagavatam. Chacun interroge les Ecritures dans un but particulier, mais le Srimad-Bhagavatam répond aux questions de tous ceux qui suivent une voie de réalisation spirituelle. Cette quête du but ultime de l'existence demande sans aucun doute beaucoup d'efforts et de persévérance, et celui qui se pose des questions aussi profondes doit interroger un maître spirituel authentique de la succession disciplique issue de Brahmaji; voilà ce que recommande notre verset. Puisque Dieu, la Personne Suprême, a dévoilé ce mystère à Brahmaji, c'est auprès d'un tel maître spirituel- représentant direct du Seigneur, reconnu par ce lignage disciplique-, qu'il faudra chercher la révélation du secret vers quoi tendent toutes questions concernant la réalisation spirituelle. Certes, ce maître spirituel authentique est à même d'élucider tout ce qui touche à ce domaine en s'appuyant directement et indirectement sur les Ecritures révélées. Bien que chacun soit libre, à cet égard, de consulter les Ecritures, ce verset stipule qu'il est néanmoins nécessaire de se placer sous la tutelle d'un maître spirituel authentique. Celui-ci est un envoyé du Seigneur, Son plus intime serviteur, et il convient de recevoir ses instructions dans le même état d'esprit que Brahmaji, lorsque ce dernier les reçut de la Personne Suprême, Sri Krsna. Le maître spirituel authentique appartenant à cette filiation disciplique reconnue ne prétend jamais être lui-même Dieu, bien qu'il dépasse en quelque sorte le Seigneur, en ce qu'il peut Le rendre accessible de par sa réalisation personnelle. Nul ne peut connaître le Seigneur par la force de son seul savoir ou de son imagination fertile, mais le chercheur sincère y parviendra assurément par la médiation du maître spirituel authentique qui agit comme intermédiaire "transparent". Les Ecritures révélées guident l'homme directement vers ce but, mais parce que, dans leur égarement, les êtres distincts sont aveuglés par le reflet qui miroite dans les ténèbres, ils restent incapables de saisir l'essence des textes sacrés. La Bhagavad-gita, par exemple, est tout entière centrée sur la sublime Personne de Sri Krsna, mais par manque de maître spirituel authentique issu de la lignée de Brahmaji ou d'Arjuna, lequel reçut directement cet enseignement, nombre d'individus non habilités et qui n'ont d'autres soucis que de satisfaire leurs caprices ont présenté diverses interprétations qui changent la teneur de cette connaissance révélée. Certes, la Bhagavad-gita est tenue pour l'une des étoiles les plus brillantes sur l'horizon du ciel spirituel, mais les interprétations qu'on a faites de ce prestigieux traité de connaissance en ont tant déformé le sens que tous ceux qui ont étudié Bhagavad-gita sont restés enfouis dans ces mêmes ténèbres où ne miroitent que des reflets matériels. A vrai dire, la Gita contient le même enseignement que nous offrent les quatre versets originels du Bhagavatam, mais les fausses versions de commentateurs sans scrupules qui l'interprètent au goût du jour empêchent d'en atteindre la conclusion ultime. Pourtant, la Bhagavad-gita (XVIII.61) enseigne clairement:
Il nous est ici indirectement révélé que l'édifice social védique tout entier est conçu de façon à permettre à chacun d'y agir en tant que partie intégrante de l'ensemble du Corps du Seigneur. Le groupe des hommes d'intelligence, les brahmanas, correspondrait au visage du Seigneur; celui des dirigeants, les ksatriyas, à Ses bras; celui des producteurs, les vaisyas, à Sa taille et le groupe des travailleurs, les sudras, aux jambes du Seigneur. C'est ainsi que l'édifice social dans son ensemble représente le Corps du Seigneur, et toutes les parties de ce corps, soit les brahmanas, les ksatriyas, les vaisyas et les sudras, sont faites pour servir conjointement la totalité de ce Corps, faute de quoi leur action ne pourra être coordonnée par l'unité de la conscience suprême. Ce service que tous doivent harmonieusement offrir à Dieu, la Personne Suprême, donne en vérité de parvenir à la conscience universelle; la seule voie qui assure une perfection totale. Voilà pourquoi même les grands savants, philosophes, penseurs, politiciens, industriels, réformateurs et autres demeurent impuissants devant les problèmes qui harcèlent constamment les êtres en ce monde matériel. Ils ignorent que, pour accéder au secret de la réussite, il faut pénétrer le mystère du bhakti-yoga, ce que révèle notre verset. La Bhagavad-gita (VII.15) déclare également à ce propos:
Voilà donc pourquoi Srila Jiva Gosvami Prabhupada explique, en rapport avec l'expression sarvatra sarvada, que les principes du bhakti-yoga, du service de dévotion offert au Seigneur, s'avèrent toujours opportuns, quelles que soient les circonstances. Bref, le bhakti-yoga, préconisé dans toutes les Ecritures révélées et pratiqué par toutes les autorités spirituelles, garde toute sa valeur quelles que soient les circonstances de temps et de lieu. Jiva Gosvami cite à propos des Ecritures révélées ce passage relatif à Brahma et à Narada:
Srila Jiva Gosvami cite également cet autre passage bien connu que l'on retrouve dans trois Puranas, nommément le Padma Purana, le Skanda Purana et le Linga Purana:
Le Garuda Purana énonce lui aussi de façon indirecte cette même vérité:
Le Srimad-Bhagavatam (2.7.46) précise également que tous ont qualité pour s'engager dans le service d'amour spirituel du Seigneur, y compris les femmes, les sudras, les primitifs de la jungle ou toute autre personne née dans des conditions déméritoires.
Il est donc inutile de rechercher des postulants qualifiés. Qu'ils soient bien éduqués ou non, instruits ou sots, bassement intéressés ou complètement renoncés, déjà libérés ou aspirant à la libération, malhabiles ou adroits dans le service de dévotion, tous peuvent se voir élevés au plus haut niveau de la perfection par la pratique du service de dévotion, sous la tutelle d'un maître qualifié. Ce que confirme également ces deux versets de la Bhagavad-gita (IX.30-32):
mam hi partha vyapasritya Il est également mentionné dans la Bhagavad-gita que l'on peut servir le Seigneur en Lui offrant le fruit de ses actes, peu importe l'activité à laquelle on se livre. Les gens se plaisent à dire que tout ce qu'ils font est inspiré par Dieu, mais on ne peut s'en tenir là, car il nous faut véritablement agir pour la satisfaction du Seigneur, tel un serviteur de Sa Personne. Celui-ci déclare dans la Bhagavad-gita (IX.27):
La voie du bhakti-yoga demeure ouverte même quand survient l'anéantissement de l'univers matériel. Kalena nasta pralaye vainiyam: on adore le Seigneur parce qu'Il sauve les Vedas de la destruction. De plus, chaque âge, ou yuga, présente une forme d'adoration particulière qui lui convient; ce que corrobore le Srimad-Bhagavatam (12.3.52):
De semblables assertions se retrouvent en maints endroits dans les Ecritures révélées: 1. Serait-il parfaitement versé dans les Ecritures, celui qui n'est pas un dévot du Seigneur Suprême, l'Absolue Personne Divine, doit être considéré comme le plus déchu d'entre les hommes. 2. Le Garuda Purana, le Brhan-naradiya Purana et le Padma Purana énoncent le même verdict: à quoi servent la connaissance védique et l'austérité si l'on ignore le service de dévotion offert au Seigneur? 3. Des milliers de Prajapatis ne sauraient être comparés à un seul dévot du Seigneur. 4. Sukadeva Gosvami déclare dans le Bhagavatam (2.4.17) que ni les ascètes, ni les magnanimes, ni les glorieux, ni les grands philosophes, ni les grands maîtres de l'occultisme, que personne, donc, ne peut atteindre le but tant souhaité sans être engagé dans la voie du service offert au Seigneur. 5. Se trouverait-on en un lieu plus glorieux que le royaume édénique, si l'on n'y glorifie pas le Seigneur de Vaikuntha ou Son pur dévot, il faut sur-le-champ quitter cet endroit. 6. Les purs dévots du Seigneur n'acceptent aucune des cinq formes de libération car ils ne désirent qu'être engagés dans le service du Seigneur. En conclusion, les gloires du Seigneur doivent être proclamées en toutes circonstances et en tout lieu. Il faut écouter Ses gloires, les chanter et toujours se les rappeler car telle est la plus haute perfection de l'existence. L'action intéressée ne contribue qu'à satisfaire le corps; le yoga, lui, se limite à l'acquisition de pouvoirs surnaturels; quant à la philosophie empirique, elle ne permet pas de dépasser le niveau de la connaissance spirituelle; et pour ce qui est de cette connaissance spirituelle, elle ne peut offrir davantage que la libération. De plus, celui qui adopte l'une de ces voies est presque assuré de buter contre de nombreux obstacles. Mais celui qui emprunte la voie du service de dévotion ne sera limité d'aucune façon et ne craindra pas l'échec, car celle-ci conduit à coup sûr au but ultime de l'existence, par la grâce du Seigneur. Si la phase préliminaire du service dévotionnel semble exiger une certaine connaissance, celle-ci devient inutile à un stade ultérieur. La voie la meilleure et la plus sûre pour progresser vers la perfection est donc celle du bhakti-yoga, service de dévotion pur. Bien que les versets 33 à 36 forment la quintessence du Srimad-Bhagavatam, les impersonnalistes en offrent parfois diverses interprétantions qui servent leurs propres vues. Il nous faut toutefois noter avec soin que ces quatre slokas furent d'abord énoncés par Dieu Lui-même, ce qui rend les impersonnalistes tout à fait inaptes à en pénétrer le sens, puisqu'ils n'ont aucune notion de Dieu en tant que Personne. Aussi, s'évertueraient-ils à en tirer diverses interprétations, celles-ci ne seraient jamais reconnues par ceux qui appartiennent à la succession disciplique issue de Brahma; c'est là ce que développeront les prochains versets. Par ailleurs, la sruti confirme que Dieu, Personne Suprême et Vérité Absolue, ne Se révèle jamais à quiconque tire un vain orgueil de sa connaissance profane. Le sruti-mantra (Katha Upanisad,1.2.23) dit clairement:
etan matam samatistha
paramena samadhina bhavan kalpa-vikalpesu na vimuhyati karhicit
Tout comme la Bhagavad-gita se trouve résumée par le Seigneur Suprême, Sri Krsna, dans les quatre versets du dixième chapitre commençant par aham sarvasya prabhavah, le Srimad-Bhagavatam tout entier est lui aussi résumé dans les quatre versets précédents (les versets 33 à 36). Ainsi Sri Krsna, la source originelle du Srimad-Bhagavatam ainsi que de la Bhagavad-gita, explique-t-Il Lui-même les voies secrètes de la sublime conclusion bhagavata. Nombre de grammairiens et d'abhaktas fervents de la spéculation profane ont essayé de présenter de fausses interprétations de ces quatre versets du Srimad-Bhagavatam, mais le Seigneur Lui-même recommanda à Brahmaji de ne pas dévier de la conclusion ultime et irrévocable qu'Il lui avait révélée. C'est Lui qui enseigna le Srimad-Bhagavatam résumé en quatre versets, et Brahma reçut cette forme concise du savoir spirituel. Les interprétations grammaticales et recherchées du mot aham, offertes par les impersonnalistes, ne devraient pas troubler l'esprit de ceux qui adhèrent rigoureusement à la doctrine du Srimad-Bhagavatam. Cette oeuvre est consacrée à Dieu, la Personne Suprême, et à Ses purs dévots, les bhagavatas, et nulle personne étrangère à ce cercle ne devrait avoir accès à cet Ecrit intime sur le service de dévotion. Malheureusement, sans avoir établi le moindre lien avec Dieu, la Personne Suprême, les impersonnalistes usent parfois de leurs maigres connaissances grammaticales et de leurs arides spéculations pour essayer d'interpréter le Srimad-Bhagavatam. Aussi, comme le Seigneur le souligne à Brahma (et à travers lui, à tous les futurs bhaktas de la Brahma-sampradaya), on ne doit jamais se laisser fourvoyer par l'interprétation de prétendus grammairiens et autres hommes dotés d'un pauvre fonds de connaissance. Bien au contraire, il faut toujours garder sa pensée fixée sur la juste conclusion transmise par voie parampara. Nul n'a le droit de chercher une nouvelle interprétation fondée sur une connaissance spéculative purement matérielle. Quant à suivre la voie d'acquisition de la connaissance que Brahma fut le premier à recevoir, la première étape sera d'approcher un guru authentique, qui représente le Seigneur à travers la voie de la parampara, et, répétons-le, nul ne doit émettre ses propres conclusions, lesquelles relèvent toutes d'un savoir matériel imparfait. Le maître spirituel authentique, le guru, est compétent pour guider son disciple sur la juste voie car il fonde son enseignement sur l'ensemble des Ecritures védiques authentiques, et jamais il ne tentera d'impressionner par des interprétations grammaticales recherchées. De par son exemple personnel, il enseigne à son disciple les principes du service de dévotion. Sans un tel service personnel, l'homme continuerait à se perdre en de vaines théories vie après vie, comme le font les impersonnalistes et les penseurs insipides; jamais il ne pourrait atteindre à la conclusion finale. Par contre, le disciple qui adhère conjointement aux instructions d'un maître spirituel authentique et aux principes des Ecritures révélées accédera au niveau du savoir complet et absolu, ce que prouvera le fait qu'il se détache progressivement de ce monde du plaisir des sens, surprenant par là les raisonneurs profanes, pour lesquels toute tentative visant à réaliser Dieu relève du mysticisme le plus obscur. Ce détachement du plaisir des sens correspond au niveau de réalisation dit brahma-bhuta, l'étape préliminaire du service de dévotion absolu, ou para-bhaktih. L'être situé au niveau du brahma-bhuta ou atmarama, jouit d'une paix intérieure parfaite et n'aspire donc nullement aux plaisirs de ce monde. C'est précisément à ce stade qu'il devient à même de saisir le savoir transcendant lié à Dieu, la Personne Suprême. Le Srimad-Bhagavatam (1.2.20) affirme:
On lit dans la Gopala-tapani Upanisad (sruti), gopa-veso me purusah purastad avirbabhuva: le Seigneur apparut à Brahma sous les traits d'un jeune pâtre, soit dans Sa Forme originelle, celle de Sri Krsna, Govinda, dont Brahmaji offrira plus tard la suivante description dans sa Brahma-samhita (5.29):
Krsna est donc le Seigneur Suprême dans Sa Forme originelle (krsnas tu bhagavan svayam), ce que le présent verset met également en évidence. Dieu, la Personne Suprême, n'est autre que Sri Krsna, et Narayana ainsi que les purusa-avataras ne sont que des manifestations secondaires issues de Sa Personne. Par conséquent, le Srimad-Bhagavatam porte sur la conscience de Dieu, Sri Krsna: il incarne le Seigneur dans une forme sonore, et de même pour la Bhagavad-gita. En conclusion, le Srimad-Bhagavatam contient la science de Dieu, science qui confère une parfaite réalisation du Seigneur et de Sa demeure.
sri-suka uvaca
sampradisyaivam ajano jananam paramesthinam pasyatas tasya tad rupam atmano nyarunad dharih
Après avoir instruit Brahmaji, le premier de tous les êtres vivants, lui donnant ainsi de contempler Sa Forme spirituelle et absolue, Hari, la Personne Suprême, disparut.
Ce verset indique clairement que le Seigneur est ajanah, la Personne Suprême, et qu'Il permit à Brahmaji de contempler Sa Forme spirituelle et absolue lorsqu'Il lui révéla les quatre versets originels du Srimad-Bhagavatam. De tous les êtres, ou jananam, Il est le Suprême, l'ajanah. Tous les êtres vivants sont des personnes distinctes les unes des autres, et comme le confirme le sruti-mantra: nityo nityanam cetanas cetananam, Hari, le Seigneur, est la Personne Suprême entre toutes. Ainsi, à l'inverse de l'univers matériel, il n'y a rien d'impersonnel dans le monde spirituel, car l'élément de connaissance ou cetana, s'applique nécessairement à une personne. Dans le monde spirituel, tout est de savoir; par suite, la terre, l'eau, les arbres, les montagnes, les rivières, les hommes, les animaux, les oiseaux, bref, tout ce qui s'y trouve participe de cette même nature dite cetana: tout y est personnel. Ce savoir que nous transmet le Srimad-Bhagavatam, l'Ecrit védique suprême, fut personnellement révélé à Brahmaji par Dieu, la Personne Suprême, de telle sorte que le premier des êtres créés puisse répandre ce message dans tout l'univers et enseigner ainsi la science suprême du bhakti-yoga. Brahmaji transmit donc ce même message du Srimad-Bhagavatam à Narada, son fils bien-aimé, lequel à son tour l'enseigna à Vyasadeva; Sukadeva Gosvami le reçut Vyasadeva et c'est par la miséricorde de Sukadeva Gosvami et de Maharaja Pariksit que le Srimad-Bhagavatam est aujourd'hui connu de nous tous et pour toujours, afin que nous puissions pénétrer la science de la Personne Absolue, Sri Krsna.
antarhitendriyarthaya
haraye vihitanjalih sarva-bhutamayo visvam sasarjedam sa purvavat
Hari, le Seigneur Souverain, est le seul objet de plaisir qui puisse combler les sens de tous les êtres. Illusionnés par le reflet miroitant de l'énergie externe, les êtres distincts rendent un culte aux sens au lieu de les engager dans leur véritable fonction, qui est de satisfaire les désirs du Suprême. Nous lisons dans le Hari-bhakti-sudhodaya (13.2) le verset suivant:
A l'origine, en effet, les sens de l'être distinct lui sont attribués pour qu'il les engage dans le service d'amour absolu offert au Seigneur et à Ses dévots, mais sous l'influence de l'énergie matérielle, les âmes conditionnées deviennent captivées par le plaisir des sens. Par suite, le processus qui permet de ranimer la conscience de Dieu consiste à corriger ce conditionnement des sens. Il faut réengager ces derniers dans le service offert directement au Seigneur, ce que fit Brahma lorsqu'il recréa l'univers, permettant ainsi aux êtres conditionnés de se livrer de nouveau à l'action. C'est en effet par la volonté du Seigneur que cet univers matériel est créé puis anéanti, donnant ainsi aux âmes conditionnées l'opportunité de retourner au royaume de Dieu, en leur demeure originelle. Quant aux serviteurs que sont Brahmaji, Naradaji, Vyasaji et leurs successeurs, ils s'efforcent, en communion avec le Seigneur, d'arracher les âmes conditionnées à ce monde de plaisirs matériels pour leur faire retrouver leur condition naturelle, laquelle consiste à engager leurs sens dans le service du Seigneur. Les impersonnalistes, eux, au lieu de transformer les activités des sens de l'âme conditionnée, veulent les abolir et faire du Seigneur un être également privé de sens. Mais ce traitement ne saurait convenir aux âmes conditionnées: il faut guérir les sens malades en soignant l'affection, et non supprimer les sens. Pour une personne malade des yeux, lui enlever l'usage de la vue n'est pas la guérir; il faudra plutôt soigner ses yeux malades afin qu'elle recouvre une vision normale. Pareillement, la maladie matérielle trouve son fondement dans le plaisir des sens, et la libération consiste à se guérir de cette maladie en redonnant aux sens leurs fonctions naturelles: contempler la beauté du Seigneur, entendre Ses gloires et faire Sa volonté. Voilà pourquoi Brahmaji manifesta de nouveau l'action dans les activités.
prajapatir dharma-patir
ekada niyaman yaman bhadram prajanam anvicchann atisthat svartha-kamyaya
Nul ne peut occuper une position élevée sans s'être soumis à une certaine discipline de vie. Celui qui mène une existence vouée sans restriction aux plaisirs des sens ne vaut guère mieux qu'un animal, et Brahma enseigna ces principes de maîtrise des sens, nécessaires à l'exécution de devoirs supérieurs, pour la gouverne de ceux de ses descendants qui auraient à en faire usage. Il désirait que tous les êtres vivent heureux dans le service de Dieu, et quiconque veut le bien des membres de sa famille et des générations à venir se doit de mener une vie de piété et de moralité. Or, la plus haute forme de moralité consiste à se faire dévot du Seigneur, car un pur bhakta possède toutes les qualités divines. Toutefois, celui qui n'est pas un dévot du Seigneur, aussi honorable soit-il d'un point de vue matériel, ne saurait être honoré d'aucune qualité digne de ce nom. Les purs dévots du Seigneur, comme Brahma et ceux qui appartiennent à la succession disciplique, n'enseignent rien qu'ils ne démontrent eux-mêmes par l'exemple de leur vie.
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |