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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 2 CHAPITRE 9 Réponses à la lumière de
l'enseignement du Seigneur.
tam naradah priyatamo
rikthadanam anuvratah susrusamanah silena prasrayena damena ca
mayam vividisan visnor
mayesasya maha-munih maha-bhagavato rajan pitaram paryatosayat
Brahma, qui est le créateur de tous les êtres de cet univers, eut tout d'abord plusieurs fils illustres, comme Daksa, les catuh-sanas et Narada. Brahma transmit à chacun d'eux l'une des trois divisions du savoir conféré à l'homme par les Vedas: à Devarsi Narada fut confiée la partie upasana-kanda, traitant du service de dévotion, Daksa, lui, reçut la section dite karma-kanda, traitant de l'action intéressée, et Sanaka, Sanatana, Sanandana et Sanat-kumara furent instruits du savoir spirituel et absolu qui forme la section jnana-kanda. Ce verset indique toutefois que d'entre tous ces fils de Brahma, Narada lui était le plus cher de par sa courtoisie, sa soumission, sa douceur et son empressement à servir son père. On le célèbre également comme le premier de tous les sages, car il est le plus grand d'entre tous les dévots du Seigneur. Narada est le maître spirituel d'un grand nombre de bhaktas illustres, parmi lesquels Prahlada, Dhruva, Vyasa, et même le chasseur Kirata. Sa seule occupation est d'engager tous les êtres dans le service d'amour divin. Toutes ces qualités dont s'orne sa personnalité viennent de ce que Narada est un parfait dévot du Seigneur, et elles font de lui le plus cher fils de Brahma. Les bhaktas brûlent sans cesse d'accroître leur connaissance en ce qui touche au Seigneur Suprême, le maître de toutes les énergies, ce que confirme d'ailleurs la Bhagavad-gita (X.9):
tustam nisamya pitaram
lokanam prapitamaham devarsih paripapraccha bhavan yan manuprcchati
On ne s'enquiert pas du savoir spirituel auprès d'une âme réalisée comme on poserait une question banale à un maître d'école. Si les enseignants d'aujourd'hui sont des fonctionnaires payés pour donner certains cours, le maître spirituel, lui, ne reçoit pas de salaire et ne peut rien enseigner qui ne provienne de source autorisée. La Bhagavad-gita (IV.34) indique comme suit le processus qui permet de comprendre la connaissance spirituelle et absolue:
Il ne faudrait pas croire que Brahmaji ait depuis longtemps quitté ce monde: contrairement à tous nos ancêtres ayant vécu sur cette planète, Brahmaji, le plus âgé de tous, vit encore aujourd'hui, et de même Narada. La Bhagavad-gita indique d'ailleurs l'âge des habitants de Brahmaloka, mais sachons toutefois que les habitants de notre minuscule planète Terre ne peuvent même pas évaluer la durée d'un seul jour de Brahma.
tasma idam bhagavatam
puranam dasa-laksanam proktam bhagavata praha pritah putraya bhuta-krt
Le Srimad-Bhagavatam fut énoncé en quatre versets mais il traite néanmoins de dix sujets, lesquels seront présentés dans le prochain chapitre. Le texte de ces quatre versets commence par mentionner que le Seigneur existait avant la création -aussi l'aphorisme du Vedanta, janmady asya, se trouve-t-il exprimé au début du Srimad-Bhagavatam. Toutefois, les dix sujets dont traite l'ouvrage sont naturellement compris dans ces quatre versets, où il est dit que le Seigneur représente la racine de tout ce qui existe, depuis la création jusqu'à Sa demeure suprême. Il ne faudrait pas se fourvoyer en croyant que le Seigneur n'a donné que quatre versets et conclure que les 17 994 autres versets sont inutiles. Tous ces versets sont nécessaires afin de présenter le juste entendement des dix sujets que comporte cet ouvrage, ce que nous révélera le prochain chapitre. Brahmaji, lui aussi, avait jadis désiré que Narada développe la teneur du message qu'il avait reçu de lui. Sri Caitanya Mahaprabhu transmit cet enseignement sous forme condensée à Srila Rupa Gosvami, son disciple, qui l'expliqua à son tour de façon très élaborée; ce même thème fut ensuite repris par Jiva Gosvami, et Sri Visvanatha Cakravarti Thakura le traita encore plus en détail. Quant à nous, nous nous efforçons simplement de marcher sur les traces de tous ces maîtres. Le Srimad-Bhagavatam n'a donc rien d'un roman ou d'un ouvrage profane; il détient une puissance infinie, et aussi loin que pourra porter un commentaire, jamais il ne marquera la fin du Bhagavatam. Parce qu'il est l'incarnation sonore du Seigneur, le Srimad-Bhagavatam peut tout aussi bien être expliqué en quatre versets qu'en quatre milliards de versets, étant donné que le Seigneur est Lui-même plus petit que l'atome et plus grand que l'espace infini. Telle est la puissance du Srimad-Bhagavatam.
naradah praha munaye
sarasvatyas tate nrpa dhyayate brahma paramam vyasayamita-tejase
Dans le cinquième chapitre du premier Chant du Srimad-Bhagavatam, Narada instruit en ces termes le grand sage Vyasadeva:
La pratique du yoga méditatif n'est donc pas négligée au sein de la succession disciplique de la Brahma-sampradaya. Mais en tant que bhakti-yogis, les dévots du Seigneur ne se donnent pas la peine de méditer sur le brahman impersonnel; tel qu'expliqué ici, ils méditent sur le brahma paramam, le Brahman Suprême. La réalisation du brahman commence par celle de la radiance impersonnelle, puis, en progressant sur cette voie, on en vient à réaliser la manifestation de l'Ame Suprême, dite Paramatma, pour finalement accéder à la réalisation de Dieu, la Personne Suprême. Sri Narada Muni, le maître spirituel de Vyasadeva, connaissait fort bien la position de son disciple; c'est ainsi qu'il attesta des qualités de Srila Vyasadeva -son enracinement dans la Vérité Absolue par une observance rigoureuse, etc.-, et qu'il lui conseilla de méditer sur les Activités spirituelles et absolues du Seigneur. Le brahman impersonnel est privé de toute activité, mais Dieu, la Personne Suprême, en manifeste, Lui, de très nombreuses, qui toutes sont absolues et parfaitement libres de toute influence matérielle. Les Activités du Brahman Suprême auraient été d'ordre matériel, Narada n'aurait pas conseillé à Vyasadeva d'y porter sa méditation. Sri Krsna est Lui-même ce param brahma, comme le confirme le dixième chapitre de la Bhagavad-gita. Lorsque Arjuna réalisera la position réelle de Sri Krsna, il s'adressera à Lui en ces termes:
ahus tvam rsayah sarve Vyasadeva parvint à fixer ses pensées par la méditation en atteignant une profonde absorption dans le bhakti-yoga. Ainsi contempla-t-il réellement la Personne Suprême avec maya, l'énergie illusoire, qui Lui était opposée. Comme nous l'avons déjà expliqué, maya, l'illusion, est également liée au Seigneur, car elle ne saurait connaître d'existence séparée de Lui, tout comme l'obscurité est en quelque sorte liée à la lumière. En effet, si la lumière n'existait pas, personne n'aurait conscience de l'obscurité, sa manifestation opposée. Toutefois, cette maya, ou illusion, ne saurait recouvrir Dieu, la Personne Suprême, et demeure donc distincte de Lui (apasrayam). Pour conclure, la perfection de la méditation s'identifie à la réalisation de Dieu, la Personne Suprême, ainsi que de Ses Activités spirituelles et absolues. Quant à celui qui porte sa méditation sur le brahman impersonnel, il s'engage certes sur une voie ardue, ce que confirme la Bhagavad-gita (XII.5): kleso dhikataras tesam avyaktasakta-cetasam.
yad utaham tvaya prsto
vairajat purusad idam yathasit tad upakhyaste prasnan anyams ca krtsnasah
Comme il fut expliqué au tout début du Srimad-Bhagavatam, cet Ecrit sublime constitue le fruit mûr de l'arbre du savoir védique et répond donc à toutes les questions que l'homme pourrait se poser au sujet de l'univers, à commencer par sa création. Mais pour saisir ces réponses du Srimad-Bhagavatam, il incombe d'approcher un maître de valeur. Comme le mentionne Srila Sukadeva Gosvami, l'illustre orateur, les dix sections du Srimad-Bhagavatam englobent tous les sujets, et les êtres d'intelligence se verront intellectuellement comblés s'ils les abordent correctement. Ainsi s'achèvent les enseignements de Bhaktivedanta sur le neuvième chapitre du deuxième Chant du Srimad-Bhagavatam, intitulé: "Réponses à la lumière de l'enseignement du Seigneur".
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