SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 4
CHAPITRE 1

La descendance des
filles de Manu.

VERSET 16

vidura uvaca
atrer grhe sura-sresthah
sthity-utpatty-anta-hetavah
kincic cikirsavo jata
etad akhyahi me guro

TRADUCTION

Après avoir entendu ces propos de Maitreya, Vidura lui demanda:
O mon cher maître, pour quelle raison Brahma, Visnu et Siva, ces trois divinités qui, respectivement, créent, soutiennent et détruisent toute la création, naquirent-ils de la femme d'Atri Muni?

TENEUR ET PORTEE

Les questions posées par Vidura étaient parfaitement justifiées, car il comprenait que lorsque l'Ame Suprême, Brahma et Siva étaient tous trois apparus du sein d'Anasuya, la femme d'Atri Muni, ceci répondait, à n'en pas douter, à quelque dessein de grande importance. Sinon, pourquoi se seraient-ils manifestés de la sorte?

VERSET 17

maitreya uvaca
brahmana coditah srstav
atrir brahma-vidam varah
saha patnya yayav rksam
kuladrim tapasi sthitah

TRADUCTION

Maitreya déclara:
Lorsque Brahma eut ordonné à Atri Muni d'engendrer des générations d'êtres vivants après son mariage avec Anasuya, les deux époux se rendirent dans la vallée qui s'étendait au pied du mont Rksa afin de se livrer à de rudes austérités.

VERSET 18

tasmin prasuna-stabaka-
palasasoka-kanane
varbhih sravadbhir udghuste
nirvindhyayah samantatah

TRADUCTION

Dans cette vallée coule la Nirvindhya. Les bords de cette rivière portent une multitude d'asokas et de palasas en fleurs; on y perçoit sans cesse le bruit léger d'une cascade. Les deux époux atteignirent donc ces lieux enchanteurs.

VERSET 19

pranayamena samyamya
mano varsa-satam munih
atisthad eka-padena
nirdvandvo nila-bhojanah

TRADUCTION

Là, le grand sage concentra ses pensées par la pratique des exercices respiratoires du yoga; surmontant ainsi tout attachement, il se tint immobile sur une jambe, ne se nourrissant que de l'air ambiant, et demeura ainsi pendant cent ans.

VERSET 20

saranam tam prapadye ham
ya eva jagad-isvarah
prajam atma-samam mahyam
prayacchatv iti cintayan

TRADUCTION

Telle était sa pensée: "Puisse le Seigneur de l'univers, Lui en qui j'ai trouvé refuge, m'accorder un fils qui Lui soit en tous points semblables."

TENEUR ET PORTEE

Il ressort de ce verset que le sage Atri Muni n'avait pas du Seigneur Suprême une idée bien définie. De toute évidence, il devait connaître l'enseignement védique selon lequel Dieu, la Personne Suprême, est le créateur de l'univers, la source de toute chose, Celui qui maintient cette création et en qui elle se résorbe entièrement après sa dissolution. Yato va imani bhutani.(1) Aussi Atri Muni concentra-t-il ses pensées sur le Seigneur tel que Ce dernier Se révèle à travers les mantras védiques: ignorant jusqu'à Son Nom, il L'implora simplement de lui accorder un enfant qui Lui fut égal en tous points. La Bhagavad-gita décrit également cette forme de service dévotionnel où la connaissance du Nom de Dieu fait défaut: le Seigneur y enseigne que quatre ordres d'hommes au passé riche en actes pieux s'adressent à Lui afin de voir leurs désirs comblés. Atri Muni souhaitait obtenir un fils parfaitement identique au Seigneur; il ne saurait donc être compté parmi les purs bhaktas puisqu'il avait un désir à satisfaire et que celui-ci était d'ordre matériel. En effet, il n'aspirait pas à avoir Dieu Lui-même pour fils, mais seulement un enfant qui soit exactement comme Lui. S'il avait nourri le désir d'avoir le Seigneur Suprême pour enfant, il se serait alors montré pur de tout désir matériel, car il aurait aspiré à la Vérité Suprême et Absolue; mais, parce qu'il désirait un enfant semblable au Seigneur, son désir était de nature matérielle. Aussi, Atri Muni ne saurait être compté parmi les purs dévots du Seigneur.

(1) Taittiriya Upanisad, 3.1.1


Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare
Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare