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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 4 CHAPITRE 3 Discussion entre Siva et Sati.
saty uvaca
prajapates te svasurasya sampratam niryapito yajna-mahotsavah kila vayam ca tatrabhisarama vama te yady arthitami vibudha vrajanti hi
O Siva, mon cher époux, ton beau-père célèbre un important sacrifice, et, sur son invitation, tous les devas vont y assister. Si tu le désires, nous pouvons également nous y rendre.
Sati était au courant des relations tendues qui existaient entre son père et Siva, son époux; néanmoins, elle fit savoir à ce dernier que puisqu'un sacrifice avait lieu chez son père et que tant de devas s'y rendaient, elle souhaitait s'y rendre également. Cependant, du fait qu'elle ne pouvait exprimer directement son désir, elle suggéra à son époux que s'il voulait s'y rendre, elle pourrait alors l'accompagner. Autrement dit, elle soumit très poliment son désir à son mari.
tasmin bhaginyo mama bhartrbhih svakair
dhruvam gamisyanti suhrd-didrksavah aham ca tasmin bhavatabhikamaye sahopanitam paribarham arhitum
Il est de la nature d'une femme de vouloir se parer d'ornements et de belles robes, de se rendre en compagnie de son mari à des réunions où se retrouvent parents et amis, et de profiter ainsi des bons moments de l'existence. Ce penchant n'a rien d'insolite, car la femme symbolise le principe même de la jouissance matérielle; c'est pourquoi le mot sanskrit stri, servant à désigner la femme, se traduit également par "celle qui élargit le champ des plaisirs matériels". En ce monde, l'homme et la femme se sentent attirés l'un vers l'autre; ainsi le veut l'existence conditionnée. C'est lorsqu'un homme est attiré par une femme que s'élargit le champ des activités intéressées —maison, richesses, enfants et amis—, de telle sorte qu'au lieu de réduire ses besoins matériels, l'être s'enlise de plus en plus dans les plaisirs de ce monde. Toutefois, il n'en va pas de même pour Siva, comme l'indique d'ailleurs la signification même de son nom. Il n'éprouve pas la moindre attirance pour les plaisirs matériels, bien que son épouse, Sati, soit la fille d'un très grand personnage et que sa main lui ait été accordée à la demande de Brahma. Siva n'avait guère envie de se rendre à la cérémonie, mais Sati, qui était une femme et la fille d'un roi, voulait se distraire. Elle désirait se rendre à la demeure de son père dans l'idée d'y rencontrer ses soeurs et d'y jouir des agréments de la vie sociale. Dans ce verset, Safi donne à entendre qu'elle se parerait pour l'occasion des ornements que son père lui avait donnés. Elle ne mentionne pas les bijoux qu'aurait pu lui offrir son époux, car celui-ci était insensible à ce genre de choses. Toujours profondément absorbé dans la pensée de Dieu, la Personne Suprême, il ignorait l'art de vêtir sa femme de belles parures et de participer à la vie sociale. La coutume védique veut qu'une fille soit mise en possession d'une dot importante lorsqu'elle se marie. C'est ainsi que Sati reçut, entre autres, divers ornements de son père. La coutume veut également que le mari offre certaines parures, mais ce verset précise que l'époux de Sati ne put satisfaire à la tradition car, d'un point de vue matériel, il se trouvait pour ainsi dire démuni. Elle désirait par conséquent se parer des vêtements et des bijoux que son père lui avait offerts. Il est heureux pour Sati que Siva ne lui ait pas pris ses bijoux pour se procurer de la ganja, comme le font ceux qui cherchent à imiter ce deva en fumant de la ganja et qui dilapident ainsi tous les biens domestiques. Ils s'emparent des richesses de leur femme et les dépensent pour fumer, s'enivrer et se livrer à d'autres actes du même genre.
tatra svasrr me nanu bhartr-sammita
matr-svasrh klinna-dhiyam ca mataram draksye cirotkantha-mana maharsibhir unniyamanam ca mrdadhvara-dhvajam
Comme cela a été mentionné auparavant, les relations entre le beau-père et son gendre étaient très tendues depuis fort longtemps. Aussi, durant toute cette période, Sati ne s'était pas rendue à la demeure paternelle. C'est pourquoi elle désirait ardemment profiter de cette occasion, ceci d'autant plus que ses soeurs avec leurs maris, ainsi que ses tantes maternelles, seraient présentes pour la circonstance. Naturellement, comme toute femme, elle souhaitait être vêtue avec autant d'élégance que ses soeurs et être accompagnée par son mari. Elle ne voulait évidemment pas s'y rendre seule.
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |