SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 4
CHAPITRE 6

Brahma invoque
la clémence de Siva.

VERSET 51

jivatad yajamano yam
prapadyetaksini bhagah
bhrgoh smasruni rohantu
pusno dantas ca purvavat

TRADUCTION

O seigneur, par l'effet de ta miséricorde, l'auteur du sacrifice, le roi Daksa, pourrait recouvrer la vie; Bhaga retrouverait ses yeux, Bhrgu sa moustache, et Pusa ses dents.

VERSET 52

devanam bhagna-gatranam
rtvijam cayudhasmabhih
bhavatanugrhitanam
asu manyo stv anaturam

TRADUCTION

Quant aux devas et aux prêtres qui eurent les membres brisés par tes guerriers, ô Siva, puissent-ils, par ta grâce, guérir de leurs blessures.

VERSET 53

esa te rudra bhago stu
yad-ucchisto dhvarasya vai
yajnas te rudra bhagena
kalpatam adya yajna-han

TRADUCTION

O destructeur du sacrifice, veuille prendre la part qui te revient et que, par ta grâce, le sacrifice soit achevé.

TENEUR ET PORTEE

Un sacrifice est une cérémonie par quoi on cherche à plaire à Dieu, la Personne Suprême. Le Srimad-Bhagavatam enseigne au deuxième chapitre du premier Chant que tout homme doit chercher à savoir si Dieu est satisfait de ses actes. En d'autres termes, tous nos actes devraient concourir à la satisfaction du Seigneur. Tout comme il est du devoir de celui qui travaille dans un bureau ou dans une entreprise de s'appliquer à satisfaire le directeur ou le propriétaire, chacun doit se préoccuper de savoir si Dieu, la Personne Suprême, est satisfait par ses actes. Les activités visant au plaisir du Seigneur sont prescrites dans les Ecritures védiques, et le fait de les exécuter constitue un yajna. En d'autres termes, on appelle yajna le fait d'agir pour la satisfaction du Seigneur Suprême. Sachons bien que tout acte accompli en dehors du yajna enchaîne son auteur à la matière. La Bhagavad-gita (III.9) enseigne à ce propos: yajnarthat karmano nyatra loko yam karma-bandhanah. Les mots karma-bandhanah signifient que si nous n'agissons pas pour la satisfaction du Seigneur Suprême, Visnu, nous serons alors enchaînés aux suites de nos actes. Il ne faut pas agir pour notre propre plaisir, mais pour celui de Dieu. Voilà ce que l'on entend par yajna.

Daksa, ayant exécuté le yajna, tous les devas attendaient le prasada, la nourriture qui avait été offerte à Visnu. Siva, étant l'un des devas, comptait naturellement recevoir sa part de prasada du yajna. Mais, poussé par l'envie, Daksa ne l'invita pas à participer au yajna et ne lui donna pas non plus sa part après l'offrande. Aussi, après la destruction de l'arène sacrificielle par les hommes de Siva, Brahma alla invoquer la clémence de ce dernier, en lui assurant qu'il recevrait sa part de prasada. C'est ainsi qu'il lui fut demandé de réparer tous les dégâts qui avaient été occasionnés par ses protégés.

La Bhagavad-gita (III.11) enseigne que tous les devas sont satisfaits lorsqu'on accomplit un yajna. En effet, les devas comptent sur le prasada de ces yajnas, d'où leur nécessité. Les matérialistes qui se livrent à des actes visant à la satisfaction des sens se doivent d'accomplir des yajnas, faute de quoi ils s'enchaînent aux suites de leurs actes. C'est la raison pour laquelle Daksa, étant le père de l'humanité, exécuta un yajna à l'issue duquel Siva comptait recevoir sa part. Celui-ci n'ayant pas été invité, les choses se gâtèrent, mais finalement, par l'entremise de Brahma, tout s'arrangea pour le mieux.

Exécuter un yajna est une tâche des plus ardues, car il faut y inviter tous les devas. En cet âge de Kali, il n'est pas possible d'accomplir des sacrifices aussi coûteux, ni d'inviter les devas à y participer. Aussi les Ecritures indiquent-elles pour cet âge: yajnaih sankirtana-prayair yajanti hi sumedhasah.(1) Les hommes d'intelligence devraient comprendre qu'il est impossible d'accomplir les sacrifices védiques dans le kali-yuga. Pourtant, à moins de satisfaire les devas, il ne saurait y avoir de régularité dans le cours des saisons ou dans les pluies, car ce sont eux qui dirigent tous les phénomènes naturels. En cet âge, par conséquent, afin de maintenir la paix et la prospérité dans la société, tous les hommes intelligents devraient accomplir le sankirtana-yajna en chantant les Saints Noms du maha-mantra

hare krsna hare krsna krsna krsna hare hare
hare rama hare rama rama rama hare hare

On peut donc combler tous les devas en exécutant ce yajna qui consiste à inviter les gens à chanter Hare Krsna, puis à distribuer du prasada; la paix et la prospérité régneront alors dans le monde. En outre, les rites védiques comportent une difficulté supplémentaire, car si l'on manque de satisfaire ne serait-ce qu'un seul deva parmi les centaines de milliers qui existent —tout comme Daksa négligea de satisfaire Siva—, il faut alors s'attendre à un désastre. Mais en cet âge, l'exécution des sacrifices a été simplifiée puisqu'en chantant Hare Krsna on peut satisfaire Krsna, et par là même combler tous les devas.

Ainsi s'achèvent les enseignements de Bhaktivedanta sur le sixième chapitre du quatrième Chant du Srimad-Bhagavatam, intitulé: "Brahma invoque la clémence de Siva".


Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare
Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare