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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 4 CHAPITRE 6 Brahma invoque
la clémence de Siva.
karnantraikapadasvasyair
nirjustam vrka-nabhibhih kadali-khanda-samruddha- nalini-pulina-sriyam
paryastam nandaya satyah
snana-punyatarodaya vilokya bhutesa-girim vibudha vismayam yayuh
Selon le commentaire intitulé Sri-Bhagavata-candra-candrika, les eaux dans lesquelles Sati aimait à se baigner étaient celles du Gange. Autrement dit, ce fleuve coulait à travers le Kailasa-parvata. Cette information est des plus plausibles puisque le Gange coule également de la chevelure de Siva. Comme celui-ci recueille sur sa tête les eaux du Gange, qui sont ensuite distribuées aux autres régions de l'univers, il est tout à fait vraisemblable que les eaux dans lesquelles Sati se baignait et qui devaient certainement exhaler un parfum très agréable, n'étaient autres que celles du Gange.
dadrsus tatra te ramyam
alakam nama vai purim vanam saugandhikam capi yatra tan-nama pankajam
Alaka est parfois appelé Alaka-puri, nom qui sert également à désigner la demeure de Kuvera. Mais, puisque cette demeure de Kuvera ne peut être vue depuis Kailasa, la région d'Alaka dont il est ici fait mention ne correspond pas à l'Alaka-puri de Kuvera. Selon Viraraghava Acarya, alaka signifie "d'une beauté peu commune". Et dans ce pays d'Alaka que contemplèrent les devas, il existe une variété de lotus, nommé Saugandhika, qui exhale un parfum particulièrement suave.
nanda calakananda ca
saritau bahyatah purah tirthapada-padambhoja- rajasativa pavane
yayoh sura-striyah ksattar
avaruhya sva-dhisnyatah kridanti pumsah sincantyo vigahya rati-karsitah
Ce verset montre bien que même les déesses du royaume édénique sont habitées par des pensées impures liées au plaisir sexuel, et c'est la raison pour laquelle elles viennent en aéronef se baigner dans le Nanda et l'Alakananda. Nous pouvons noter avec intérêt que ces deux fleuves sont sanctifiés par la poussière des pieds pareils-au-lotus du Seigneur Suprême. En d'autres termes, tout comme le Gange est sacré du fait que ses eaux émanent des orteils de Narayana, le Seigneur Suprême, tout ce qui se trouve en rapport avec le service de dévotion offert à Dieu —qu'il s'agisse d'eau ou d'autre chose— devient purifié et spiritualisé. Voilà bien le principe sur lequel reposent les règles du service de dévotion: ce qui est en contact avec les pieds pareils-au-lotus du Seigneur est immédiatement affranchi de toute souillure matérielle. Ce verset nous révèle donc que les femmes du royaume édénique, souillées par des pensées sexuelles, viennent se baigner dans ces rivières sanctifiées où elles s'amusent à asperger leurs époux. Il convient ici de noter les mots ratikarsitah; ils indiquent qu'elles se sentent d'humeur chagrine après avoir satisfait leurs désirs sexuels. En d'autres termes, bien qu'elles considèrent le plaisir sexuel comme un besoin physique, elles ne se sentent pas heureuses une fois l'ivresse passée. Un autre point revêt un intérêt particulier: Govinda, la Personne Suprême, est ici qualifiée de Tirthapada. Tirtha signifie "lieu sanctifié", et pada, "les pieds pareils-au-lotus du Seigneur". Or, c'est pour s'affranchir des suites de tous leurs péchés que les gens se rendent en un lieu sanctifié. Par conséquent, ceux qui vouent leur dévotion aux pieds pareils-au-lotus du Seigneur Suprême, Krsna, se trouvent automatiquement sanctifiés. On nomme tirthapada les pieds pareils-au-lotus du Seigneur car, sous leur protection, des centaines et des milliers de grandes âmes sanctifient les lieux de pèlerinage. A cet égard, Srila Narottama Dasa Thakura, illustre acarya de la Gaudiya-vaisnava-sampradaya, nous déconseille de faire le tour des différents lieux de pèlerinage. En effet, il est certes fort éprouvant de se déplacer ainsi d'un endroit à un autre. L'homme intelligent, lui, cherchera refuge aux pieds pareils-au-lotus de Govinda, et son pèlerinage lui permettra par là même de se sanctifier. Ainsi, quiconque est fermement établi dans le service d'amour des pieds pareils-au-lotus de Govinda est appelé tirtha-pada; nul besoin, donc, de visiter les différents lieux saints, puisqu'il suffit de servir les pieds pareils-au-lotus du Seigneur pour jouir de tous les bienfaits d'un tel pèlerinage. Un pur bhakta, animé d'une foi ferme dans les pieds pareils-au-lotus du Seigneur, peut donc créer des lieux sacrés en quelque endroit du monde qu'il choisisse de séjourner. C'est ce que confirme le Srimad-Bhagavatam (1.13.10): tirthi-kurvanti tirthani. C'est la présence de purs bhaktas qui sanctifie un lieu; tout endroit que le Seigneur ou Son pur dévot choisit pour y séjourner ou y demeurer devient par là même un lieu de pèlerinage. En d'autres termes, le pur bhakta, entièrement absorbé dans le service du Seigneur, peut s'établir en n'importe quel endroit de l'univers, et cet endroit devient aussitôt un lieu sacré où il peut paisiblement servir le Seigneur, selon Sa volonté.
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