SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 4
CHAPITRE 6

Brahma invoque
la clémence de Siva.

VERSET 26

yayos tat-snana-vibhrasta-
nava-kunkuma-pinjaram
vitrso pi pibanty ambhah
payayanto gaja gajih

TRADUCTION

Le kunkuma qui tombe de leurs corps au cours de leurs ébats dans l'onde de ces rivières teinte l'eau de jaune et la parfume agréablement. Les éléphants viennent alors s'y baigner avec leurs femelles et s'y abreuvent, même s'ils n'éprouvent aucune soif.

VERSET 27

tara-hema-maharatna-
vimana-sata-sankulam
justam punyajana-stribhir
yatha kham satadid-ghanam

TRADUCTION

Les habitants des planètes édéniques se déplaçant au moyen d'aéronefs ornés de perles, l'or et de joyaux de haute valeur sont comparés à des nuages qui évolueraient dans le ciel et d'où jailliraient parfois des éclairs.

TENEUR ET PORTEE

Les aéronefs décrits dans ce verset n'ont rien de commun avec les avions dont nous avons l'expérience. Le Srimad-Bhagavatam ainsi que tous les Ecrits védiques offrent de nombreuses descriptions de ces vimanas, ou "aéronefs". En effet, les diverses planètes abritent différentes sortes d'aéronefs: sur cette planète peu évoluée qu'est la Terre, par exemple, on trouve des avions à moteur, mais sur d'autres planètes, ces appareils se déplacent par la force de mantras, et leurs hôtes célestes les utilisent pour faire des croisières qui les mènent d'une planète édénique à une autre. Quant aux habitants des planètes dites Siddhalokas, ils ont le pouvoir de voyager librement dans l'espace, sans de tels moyens de transport. Du fait qu'ils évoluent dans les cieux, les merveilleux aéronefs des planètes édéniques sont ici comparés au ciel, et leurs passagers, aux nuages. Quant aux ravissantes nymphes, les femmes des habitants des planètes édéniques, par analogie, elles deviennent des éclairs. Bref, les aéronefs qui emmenaient leurs passagers à Kailasa depuis les planètes supérieures offraient un spectacle des plus agréables.

VERSET 28

hitva yaksesvara-purim
vanam saugandhikam ca tat
drumaih kama-dughair hrdyam
citra-malya-phala-cchadaih

TRADUCTION

Au cours de leur pérégrination, les devas survolèrent la forêt de Saugandhika, où abondent les variétés de fleurs, de fruits et d'arbres-à-souhaits. Alors qu'ils passaient au-dessus de la forêt, ils aperçurent également la demeure de Yaksesvara.

TENEUR ET PORTEE

Yaksesvara, également connu sous le nom de Kuvera, est le trésorier des devas, et les Ecritures védiques nous révèlent qu'il possède des richesses fabuleuses. D'après ces versets, Kailasa se trouverait non loin du lieu où habite Kuvera. Ce passage mentionne également que la forêt regorgeait d'arbres-à-souhaits. La Brahma-samhita nous révèle qu'il existe d'innombrables arbres-à-souhaits dans le monde spirituel, et en particulier à Krsnaloka, la demeure de Sri Krsna. Or, nous apprenons ici que, par la grâce de Krsna, on trouve également des arbres-à-souhaits à Kailasa, la demeure de Siva. Ceci nous fait comprendre le caractère unique de Kailasa, qui est presque comparable au royaume de Sri Krsna.

VERSET 29

rakta-kantha-khaganika-
svara-mandita-satpadam
kalahamsa-kula-prestham
kharadanda-jalasayam

TRADUCTION

Cette forêt céleste est peuplée de nombreux oiseaux à la gorge vermeille dont le gazouillis délicat s'unit au bourdonnement des abeilles. Une multitude de cygnes ajoutent à l'indicible beauté des lacs parsemés de lotus aux tiges robustes.

TENEUR ET PORTEE

Les divers lacs qui parsemaient la forêt rehaussaient encore sa beauté. Ce passage dépeint comment ces lacs étaient ornés de fleurs de lotus et agrémentés par la présence de cygnes jouant sur les eaux et dont le chant se mêlait au gazouillis des oiseaux ainsi qu'au bourdonnement des abeilles. Toutes ces descriptions nous donnent un aperçu de la beauté de ces lieux, et nous permettent de comprendre à quel point les devas apprécièrent la traversée de cette région. Il existe sur cette Terre un grand nombre de sites merveilleux et de promenades créés par l'homme, mais rien de tout cela ne peut surpasser la beauté de Kailasa, telle que la décrivent ces versets.

VERSET 30

vana-kunjara-sanghrsta-
haricandana-vayuna
adhi punyajana-strinam
muhur unmathayan manah

TRADUCTION

Toute cette atmosphère excite les troupeaux d'éléphants sauvages qui errent dans les forêts de santals, et le vent, en soufflant, trouble l'esprit des jeunes femmes, les incitant davantage aux plaisirs de la chair.

TENEUR ET PORTEE

Chaque fois que des matérialistes se trouvent dans une atmosphère agréable, ils sont aussitôt troublés par des désirs sexuels. Cette tendance existe partout dans l'univers matériel, non seulement sur terre, mais également dans les systèmes planétaires supérieurs. En revanche, les descriptions du monde spirituel nous révèlent que l'atmosphère qui y règne exerce sur les êtres une influence tout à fait opposée. En effet, les femmes y sont des milliers de fois plus belles qu'ici-bas et l'atmosphère y est également infiniment plus plaisante; cependant, malgré cette ambiance agréable, les habitants des planètes Vaikunthas du monde spirituel demeurent impassibles, car leur mental pur est tellement absorbé dans le chant spirituel des gloires du Seigneur qu'ils goûtent un plaisir supérieur à tout autre, même à la jouissance sexuelle, le plus haut plaisir qui soit en cet univers matériel. En d'autres termes, rien, dans le monde Vaikuntha, n'incite au plaisir sexuel, et ce, en dépit des conditions d'existence et de l'atmosphère infiniment supérieures. La Bhagavad-gita (II.59) le confirme d'ailleurs en ces termes: param drstva nirvartate.(1) Les habitants y mènent une vie spirituelle si lumineuse qu'elle éclipse complètement la vie sexuelle.

(1) "Même à l'écart des plaisirs matériels, l'âme incarnée peut encore éprouver quelque désir pour eux. Mais qu'elle goûte une joie supérieure, et elle perdra ce désir, pour demeurer dans la conscience spirituelle."


Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare
Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare