SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 4
CHAPITRE 8

Dhruva Maharaja quitte
son foyer et gagne la forêt.

VERSET 46

tarunam ramaniyangam
arunostheksanadharam
pranatasrayanam nrmnam
saranyam karunarnavam

TRADUCTION

[Narada Muni poursuiyit:]
La Forme du Seigneur conserve à jamais un aspect juvénile. Chaque partie de Son corps et chaque membre est joliment formé, sans le moindre défaut. Ses yeux et Ses lèvres ont le teint rosé du soleil levant. Il est toujours disposé à accueillir l'âme qui s'abandonne à Lui, et quiconque a l'incomparable fortune de porter son regard sur Lui en ressent une satisfaction infinie. Le Seigneur Se montre toujours digne d'être le maître de l'âme soumise, car Il est un océan de miséricorde.

TENEUR ET PORTEE

Chacun doit se soumettre à un quelconque supérieur; telle est notre condition d'êtres vivants. Nous cherchons présentement à nous abandonner à quelqu'un —que ce soit à notre famille, à la société, au gouvernement ou à la nation. Le processus de l'abandon est déjà une réalité présente, mais il n'est jamais parfait, car la personne ou l'institution à laquelle nous nous soumettons est imparfaite, et notre abandon lui-même, teinté de nombreuses autres motivations, est également imparfait. Par suite, nul en ce monde matériel n'est digne d'accepter l'abandon d'autrui; d'autre part, nul ne s'abandonne pleinement à qui que ce soit à moins d'être obligé de le faire. En revanche, ce verset décrit que l'abandon au Seigneur, lui, est volontaire, et que le Seigneur est digne de l'accepter. Cet abandon de l'être vivant se produit naturellement dès que celui-ci contemple la merveilleuse Forme juvénile du Seigneur.

La description faite ici par Narada Muni n'a rien d'imaginaire. C'est en effet par l'intermédiaire de la parampara que l'on peut concevoir la Forme du Seigneur. Les philosophes mayavadis prétendent qu'il faut imaginer cette Forme, mais ce n'est pas ce que Narada Muni nous enseigne ici. Bien au contraire, il nous en donne une description qui provient de sources autorisées. Lui-même est une autorité en la matière, et il a en outre le pouvoir de se rendre à Vaikunthaloka et d'y voir personnellement le Seigneur; sa description de la Forme et des traits du Seigneur n'a, par conséquent, rien d'imaginaire. De même, il nous arrive parfois de donner à nos étudiants des indications sur la Forme et les traits du Seigneur pour qu'ils en fassent un tableau. Leurs oeuvres ne relèvent pas de l'imagination, car ils reçoivent alors ces descriptions par l'intermédiaire de la succession de maître à disciple, tout comme celles que transmit Narada Muni; celui-ci vit lui-même le Seigneur et décrivit ensuite Sa Forme et Ses caractéristiques corporelles. Aussi doit-on accepter ces descriptions telles qu'elles nous sont données, et si un artiste les utilise pour réaliser un tableau, cette oeuvre n'est nullement imaginaire.

VERSET 47

srivatsankam ghana-syamam
purusam vana-malinam
sankha-cakra-gada-padmair
abhivyakta-caturbhujam

TRADUCTION

Le Seigneur porte en outre la marque du srivatsa à l'endroit où se tient la déesse de la fortune, et Son Corps est d'un bleu très sombre. Le Seigneur est une Personne; Il existe éternellement dans Sa manifestation à quatre bras paré d'une guirlande de fleurs; dans Ses mains [en commençant par la main gauche inférieure], Il tient respectivement une conque, un disque, une masse et une fleur de lotus.

TENEUR ET PORTEE

Dans ce verset, le mot purusam est particulièrement important. En effet, le Seigneur n'est jamais de nature féminine; Il est toujours mâle, ou masculin (purusa). Les impersonnalistes qui, dans leur imagination, prêtent au Seigneur une forme féminine, commettent une erreur. Si besoin est, le Seigneur apparaît sous des traits féminins, mais Sa Forme perpétuelle demeure purusa, car Il est mâle de par Sa nature originelle. L'aspect féminin du Seigneur se manifeste en la personne de la déesse de la fortune —Laksmi, Radharani, Sita... Toutes ces déesses de la fortune servent le Seigneur et ne sauraient être le Suprême, comme l'imaginent à tort les impersonnalistes. En tant que Narayana, Sri Krsna a toujours quatre bras; sur le champ de bataille de Kuruksetra, par exemple, lorsque Arjuna voulut voir Sa forme universelle, le Seigneur lui révéla cette Forme de Narayana, à quatre bras. Certains bhaktas estiment que Krsna est une manifestation de Narayana; mais, pour l'école bhagavata, c'est Narayana qui émane de Krsna.

VERSET 48

kiritinam kundalinam
keyura-valayanvitam
kaustubhabharana-grivam
pita-kauseya-vasasam

TRADUCTION

Divers ornements parent le Corps de la Personne Suprême, Vasudeva. Il est coiffé d'une couronne majestueuse; Il porte des colliers et des bracelets précieux, le joyau Kaustubha pend à Son cou, et Il est vêtu de soie jaune.

VERSET 49

kanci-kalapa-paryastam
lasat-kancana-nupuram
darsaniyatamam santam
mano-nayana-vardhanam

TRADUCTION

Des clochettes dorées ornent Sa taille, et celles qui tintent à Ses chevilles ajoutent au charme de Ses pieds pareils-au-lotus. Ses traits et toutes les lignes de Son Corps exercent une séduction infinie et enchantent l'oeil. Toujours calme, paisible et tranquille, Il enchante les yeux et le mental.

VERSET 50

padbhyam nakha-mani-srenya
vilasadbhyam samarcatam
hrt-padma-karnika-dhisnyam
akramyatmany avasthitam

TRADUCTION

Les véritables yogis méditent sur la Forme spirituelle du Seigneur tel qu.Il Se manifeste sur le lotus de leur coeur; les ongles de Ses pieds pareils-au-lotus étincellent comme des joyaux.


Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare
Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare