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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 4 CHAPITRE 8 Dhruva Maharaja quitte
son foyer et gagne la forêt.
labdhva dravyamayim arcam
ksity-ambv-adisu varcayet abhrtatma munih santo yata-van mita-vanya-bhuk
Il est essentiel pour un bhakta d'adorer la Forme du Seigneur et de ne pas se contenter de méditer sur une forme qu'il conçoit en son mental tout en chantant le mantra que lui a donné son maître spirituel. L'adoration de la Forme du Seigneur est nécessaire. Les impersonnalistes se donnent en vain beauoup de peine pour pratiquer une méditation ou une adoration impersonnelles; ils suivent de la sorte une voie très précaire. Aussi ne nous est-il pas reccommandé d'adopter cette voie impersonnaliste. Dhruva Maharaja se vit conseiller d'adorer une Forme faite de terre et d'eau, car dans une jungle comme celle où il se trouvait, s'il n'est pas possible d'obtenir une forme de métal, de bois ou de pierre, la meilleure solution est de confectionner une Forme du Seigneur en mélangeant de la terre avec de l'eau et de L'adorer ainsi. Le bhakta ne doit pas se soucier de cuisiner des plats; il lui faut offrir à la murti les fruits et légumes qu'il peut trouver dans la forêt ou en ville, et lui-même doit être satisfait de cette nourriture. Il ne doit pas désirer outre mesure se nourrir de préparations très savoureuses. Bien entendu, lorsque cela est possible, il faut offrir aux murtis des aliments de première qualité, qu'il s'agisse de fruits ou de légumes, cuits ou non. Il importe avant tout que le bhakta ait des habitudes alimentaires simples et régulières (mita-bhuk); pour un dévot du Seigneur, il s'agit là d'une importante qualité. Il ne doit pas chercher à satisfaire les caprices du palais. Un bhakta devrait se contenter du prasada qui lui est accordé par la grâce du Seigneur.
svecchavatara-caritair
acintya-nija-mayaya karisyaty uttamaslokas tad dhyayed dhrdayan-gamam
Le service de dévotion offert au Seigneur comprend neuf pratiques prescrites —écouter, chanter, se rappeler, adorer, servir, tout offrir à la murti, etc. Narada conseille ici à Dhruva Maharaja, non seulement de méditer sur la Forme du Seigneur, mais également de penser aux Divertissements spirituels et absolus de Ses différents avataras. Les philosophes mayavadis considèrent le Seigneur comme un être distinct ordinaire lorsqu'Il descend en ce monde. Ils commettent ainsi une grave erreur, car les manifestations de Dieu, la Personne Suprême, ne sont pas forcées d'agir par les lois de la nature matérielle. Dans ce verset, le mot sveccha indique que le Seigneur apparaît de par Sa volonté suprême. L'âme conditionnée, elle, est forcée de revêtir, selon son karma, le corps particulier que lui assignent les lois de la nature matériel. sous la direction du Seigneur Suprême. Toutefois, lorsque Celui-ci apparaît, ce n'est pas sous la contrainte de la nature matérielle. Le Seigneur Se manifeste à Son gré, de par Sa propre puissance interne. Voilà bien la différence: l'âme conditionnée se voit octroyer un certain corps, —celui d'un porc par exemple— en fonction de ses actes passés et de par l'autorité de la nature matérielle; mais, lorsque Sri Krsna apparaît sous les traits de l'avatara-Sanglier, ce dernier n'est pas un animal ordinaire. De fait, on ne saurait comparer cet avatara gigantesque à un vulgaire sanglier. Son avènement et Sa disparition nous sont inconcevables. La Bhagavad-gita explique très clairement que le Seigneur apparaît de par Sa propre puissance interne afin de protéger Ses bhaktas et d'anéantir les abhaktas. Un dévot du Seigneur doit toujours être conscient du fait que Krsna ne vient pas en ce monde comme un être humain ou un animal ordinaires; Son apparition en tant que Varaha murti, ou en tant que cheval ou tortue, est une manifestation de Sa puissance interne. La Brahma-samhita enseigne, ananda-cinmaya-rasa-pratibhavitabhih: il ne faut pas commettre l'erreur de croire que l'apparition du Seigneur en tant qu'être humain ou animal est de même nature que la naissance d'une âme conditionnée, forcée par les lois de la nature de revêtir un corps d'animal, d'homme ou de deva. De telles pensées constituent une offense. De fait, Sri Caitanya Mahaprabhu a condamné les mayavadis pour leur attitude offensante à l'égard de Dieu, la Personne Suprême, car ils ne voient aucune différence entre le Seigneur et les êtres vivants conditionnés. Narada recommanda à Dhruva de méditer sur les Divertissemens du Seigneur, ce qui a la même valeur que de concentrer son mental sur Sa Forme. Le chant des différents Noms du Seigneur, tel que Hari, Govinda ou Narayana, a autant de valeur que la méditation sur l'une de Ses Formes. En cet âge toutefois, il nous est particulièrement recommandé de chanter le mantra Hare Krsna tel que l'enseignent les sastras:
paricarya bhagavato
yavatyah purva-sevitah ta mantra-hrdayenaiva prayunjyan mantra-murtaye
Ce verset enseigne que s'il n'est pas possible d'adorer les Formes du Seigneur avec tous les objets de culte prescrits, on peut simplement penser à Sa Forme, et Lui offrir ainsi mentalement tout ce que les sastras recommandent —des fleurs, de la pulpe de candana, une conque, une ombrelle, un éventail et un camara. Il faut méditer sur l'offrande et chanter le mantra de douze syllabes (om namo bhagavate vasudevaya). Puisqu'il n'existe aucune différence entre le mantra et Dieu, la Personne Suprême, on peut adorer la Forme du Seigneur en récitant le mantra, même en l'absence de tout objet physique de culte. On peut à cet égard consulter le Bhakti-rasamrta-sindhu (ou, en français, le Nectar de la Dévotion), où se trouve relatée l'histoire du brahmana qui adora le Seigneur en son mental. Si l'on ne dispose pas des objets de culte prescrits pour l'adoration du Seigneur, on peut les faire apparaître en pensée et les offrir à la murti en chantant le mantra. Ainsi la pratique du service de dévotion est-elle très puissante et non limitée dans ses formes.
evam kayena manasa
vacasa ca mano-gatam paricaryamano bhagavan bhaktimat-paricaryaya
pumsam amayinam samyag
Le service de dévotion a une puissance telle que celui qui s'y consacre peut obtenir de Dieu, la Personne Suprême, la bénédiction de son choix. Les âmes conditionnées sont fortement attachées au monde matériel, et si elles accomplissent des rites religieux, c'est qu'elles aspirent aux bienfaits matériels qui ont pour noms dharma et artha.
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |