SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 4
CHAPITRE 8

Dhruva Maharaja quitte
son foyer et gagne la forêt.

VERSET 71

tatrabhisiktah prayatas
tam uposya vibhavarim
samahitah paryacarad
rsy-adesena purusam

TRADUCTION

Pendant ce temps, Dhruva Maharaja, parvenu à Madhuvana, prit un bain dans la Yamuna et, avec beaucoup de soin et d'attention, il jeûna durant la nuit. Après cela, comme le lui avait recommandé le sage Narada, il se mit à adorer Dieu, la Personne Suprême.

TENEUR ET PORTEE

Ce verset nous fait remarquer que Dhruva Maharaja agissait en suivant à la lettre les instructions de son maître spirituel, le grand sage Narada. Srila Visvanatha Cakravarti nous recommande lui aussi, si nous voulons que nos efforts pour retourner à Dieu soient couronnés de succès, de nous appliquer avec beaucoup de sérieux à agir conformément aux instructions du maître spirituel; telle est la voie de la perfection. Celui qui suit ces instructions n'a aucune inquiétude à se faire car il est assuré d'atteindre la perfection. Notre seul souci doit être de savoir comment se conformer à la volonté du maître spirituel. Celui-ci est expert à donner à chacun de ses disciples des instructions spéciales et si le disciple exécute la volonté de son maître spirituel, il trouve ainsi la voie de la perfection.

VERSET 72

tri-ratrante tri-ratrante
kapittha-badarasanah
atma-vrtty-anusarena
masam ninye rcayan harim

TRADUCTION

Pendant le premier mois, Dhruva Maharaja ne mangea que des fruits et des baies tous les trois jours, et ce, à seule fin de maintenir son corps en vie; c'est ainsi qu'il progressa sur la voie de l'adoration qu'il offrait à Dieu, la Personne Suprême.

TENEUR ET PORTEE

La kapittha est une fleur connue dans le dialecte indien sous le nom de kayeta, mais nous ne savons pas exactement quel est l'équivalent de son nom en français. En général, l'homme ne consomme pas son fruit; celui-ci sert de nourriture aux singes de la forêt. Toutefois, Dhruva Maharaja, lui, se nourrissait de ces fruits, non pour faire des repas somptueux, mais seulement pour maintenir son corps en vie. Le corps a sans contredit besoin de nourriture, mais un bhakta ne doit pas manger pour satisfaire les caprices de son palais. La Bhagavad-gita enseigne que l'on doit prendre autant de nourriture qu'il est nécessaire pour maintenir l'organisme en bonne santé, mais qu'on ne doit pas manger par gourmandise. Dhruva Maharaja est un acarya: en se livrant à de rudes austérités, il nous enseigne l'art du service de dévotion, et nous devons donc connaître en détail la voie qu'il suivit. Le prochain verset nous montrera d'ailleurs à quel point il menait une vie austère. Rappelons-nous toujours que devenir un authentique dévot du Seigneur n'est pas chose aisée. En cet âge, toutefois, grâce à la miséricorde de Sri Caitanya, la tâche nous a été rendue très facile. Cependant, comment pouvons-nous espérer nous acquitter des devoirs qui nous sont prescrits dans le service de dévotion si nous ne suivons même pas les instructions libérales de Sri Caitanya? S'il n'est pas possible en cet âge d'imiter Dhruva Maharaja dans ses pratiques austères, il faut cependant observer certains principes. L'âme conditionnée ne doit pas négliger les principes régulateurs donnés par le maître spirituel, car ils lui facilitent la tâche. Dans notre Mouvement pour la Conscience de Krsna, nous demandons simplement à nos disciples d'observer les quatre règles prohibitives, de réciter chaque jour seize chapelets, et au lieu de céder aux caprices du palais, de ne prendre que le prasada, la nourriture offerte au Seigneur. Bien entendu, s'il nous arrive de jeûner, nous ne devons pas imposer au Seigneur le même régime que le nôtre. Il faut au contraire Lui offrit les mets les plus savoureux, mais nous ne devons pas nous préoccuper de satisfaire notre propre palais. Nous devons autant que possible nous contenter d'une nourriture simple en ne cherchant qu'à maintenir ainsi le corps en vie, et ce, afin de pouvoir servir le Seigneur.

Il est de notre devoir de toujours nous rappeler qu'en comparaison de Dhruva Maharaja, nous sommes insignifiants. En aucune façon nous ne sommes en mesure d'imiter ce que fit Dhruva Maharaja pour accéder à la réalisation spirituelle, car nous sommes absolument incapables d'offrir un culte de cet ordre. En cet âge toutefois, grâce à la miséricorde de Sri Caitanya, nous avons obtenu toutes les concessions possibles; aussi devons-nous au moins nous rappeler toujours que nous ne pourrons mener à bien notre mission que si nous ne négligeons pas les devoirs qui nous sont prescrits dans le service de dévotion. Il nous incombe de marcher sur les traces de Dhruva Maharaja, car celui-ci fit preuve d'une ferme détermination. Nous devons également être déterminés à nous acquitter au cours de cette vie des devoirs qui nous incombent dans l'exécution du service de dévotion, et ne pas attendre une autre vie pour compléter notre tâche.

VERSET 73

dvitiyam ca tatha masam
sasthe sasthe rbhako dine
trna-parnadibhih sirnaih
krtanno bhyarcayan vibhum

TRADUCTION

Le deuxième mois, Dhruva Maharaja ne mangea que tous les six jours, ne se nourrissant que de feuilles mortes et d'herbe sèche. Il continua ainsi son adoration.

VERSET 74

trtiyam canayan masam
navame navame hani
ab-bhaksa uttamaslokam
upadhavat samadhina

TRADUCTION

Le troisième mois, il ne but que de l'eau, et seulement tous les neuf jours, Il demeura ainsi complètement absorbé en samadhi, rendant un culte au Seigneur Suprême, Celui que glorifient des versets choisis.

VERSET 75

caturtham api vai masam
dvadase dvadase hani
vayu-bhakso jita-svaso
dhyayan devam adharayat

TRADUCTION

Le quatrième mois, Dhruva Maharaja parvint à se rendre entièrement maître de sa respiration, n'inspirant que tous les douze jours; il s'établit alors définitivement dans l'adoration du Suprême.


Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare
Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare