SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 4
CHAPITRE 8

Dhruva Maharaja quitte
son foyer et gagne la forêt.

VERSET 11

na vatsa nrpater dhisnyam
bhavan arodhum arhati
na grhito maya yat tvam
kuksav api nrpatmajah

TRADUCTION

[La reine Suruci adressa à Dhruva Maharaja les paroles suivantes:]
"Mon cher enfant, tu ne mérites pas de t'asseoir sur le trône ou sur les genoux du roi. Bien que tu sois son fils, tu n'es pas digne de t'asseoir sur les genoux du roi, car tu n'es pas né de mon sein.

TENEUR ET PORTEE

Faisant en cela preuve d'un grand orgueil, la reine Suruci fit savoir à Dhruva Maharaja que le simple fait d'être le fils du roi ne le rendait pas pour autant digne de s'asseoir sur ses genoux ou sur le trône. Pour jouir de ce privilège, il fallait être né de son sein. En d'autres termes, elle fit comprendre indirectement à Dhruva Maharaja que, bien qu'il fût de sang royal, il était considéré comme un fils illégitime, du fait qu'il avait été mis au monde par l'autre reine.

VERSET 12

balo si bata natmanam
anya-stri-garbha-sambhrtam
nunam veda bhavan yasya
durlabhe rthe manorathah

TRADUCTION

"Cher enfant, tu ignores que tu n'es pas né de mon sein mais de celui d'une autre femme. Sache donc que tes efforts sont voués à l'échec. Tu tentes de combler un désir impossible à satisfaire.

TENEUR ET PORTEE

Dhruva Maharaja éprouvait une affection toute naturelle pour son père; ce petit enfant ne savait pas qu'il existait une distinction entre ses deux mères. Mais la reine Suruci le lui fit sentir tout en lui expliquant qu'il ne pouvait pas la comprendre, car il n'était qu'un enfant. Il s'agit là d'une autre manifestation de l'orgueil de la reine Suruci.

VERSET 13

tapasaradhya purusam
tasyaivanugrahena me
garbhe tvam sadhayatmanam
yadicchasi nrpasanam

TRADUCTION

"Si tu désires vraiment accéder au trône du roi, tu dois alors te soumettre à de rudes austérités. Tout d'abord, il te faut satisfaire Dieu, la Personne Suprême, Narayana; et lorsque cette adoration t'aura valu Sa faveur, tu devras alors renaître de mon sein."

TENEUR ET PORTEE

Suruci était animée d'une telle envie à l'égard de Dhruva Maharaja qu'elle lui demanda indirectement de changer de corps. Selon elle, il devait tout d'abord mourir, puis revêtir un nouveau corps en son sein; ce ne serait qu'alors qu'il serait possible pour Dhruva Maharaja d'accéder au trône de son père.

VERSET 14

maitreya uvaca
matuh sapatnyah sa durukti-viddhah
svasan rusa danda-hato yathahih
hitva misantam pitaram sanna-vacam
jagama matuh prarudan sakasam

TRADUCTION

Le sage Maitreya poursuivit:
O Vidura, atteint par les mots blessants de sa belle-mère, Dhruva Maharaja se mit à respirer bruyamment sous l'effet d'une colère intense, tout comme un serpent qui a reçu un coup de bâton. Devant le silence de son père qui n'éleva aucune protestation, il quitta le palais sur-le-champ et s'en alla trouver sa mère.

VERSET 15

tam nihsvasantam sphuritadharostham
sunitir utsanga uduhya balam
nisamya tat-paura-mukhan nitantam
sa vivyathe yad gaditam sapatnya

TRADUCTION

Lorsque Dhruva Maharaja arriva chez sa mère, ses lèvres tremblaient de colère et, dans sa douleur, il éclata en sanglots. La reine Suniti prit aussitôt son fils sur ses genoux, tandis que les habitants du palais, qui avaient entendu la violente diatribe de Suruci, lui rapportèrent l'incident avec force détails. Ce fut alors au tour de Suniti de sombrer dans une profonde affliction.


Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare
Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare