SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 4
CHAPITRE 8

Dhruva Maharaja quitte
son foyer et gagne la forêt.

VERSET 16

sotsrjya dhairyam vilalapa soka-
davagnina dava-lateva bala
vakyam sapatnyah smarati saroja-
sriya drsa baspa-kalam uvaha

TRADUCTION

Cet incident dépassait les limites de la patience de Suniti. Elle se mit à brûler comme si un feu de forêt la dévorait, et dans son chagrin, elle se répandit en lamentations comme une feuille consumée par les flammes. Au souvenir des paroles de l'autre reine, son visage radieux pareil-au-lotus se mouilla de larmes, et elle parla à son fils en ces termes.

TENEUR ET PORTEE

Lorsqu'un homme connaît l'affliction, il se sent exactement comme une feuille qui brûle dans un feu de forêt. Telle était la situation de Suniti. Bien que son visage fût aussi ravissant qu'une fleur de lotus, il se dessécha sous l'effet du feu ardent provoqué par les paroles blessantes de l'autre reine.

VERSET 17

dirgham svasanti vrjinasya param
apasyati balakam aha bala
mamangalam tata paresu mamstha
bhunkte jano yat para-duhkhadas tat

TRADUCTION

Elle aussi respirait péniblement et ne savait comment remédier de manière efficace à cette situation lamentable. Ne trouvant aucune solution, elle dit à son fils: "Mon cher fils, ne souhaite rien de funeste à autrui. Quiconque inflige des tourments à son prochain souffrira de ces mêmes tourments."

VERSET 18

satyam surucyabhihitam bhavan me
yad durbhagaya udare grhitah
stanyena vrddhas ca vilajjate yam
bharyeti va vodhum idaspatir mam

TRADUCTION

[Suniti dit:]
Mon cher enfant, tout ce qu'a dit Suruci est exact, car le roi, ton père, ne me considère pas comme sa femme, ni même comme une domestique; à vrai dire, il a honte de moi. Tu as effectivement été mis au monde par une femme infortunée, et c'est nourri par son sein que tu as grandi.

VERSET 19

atistha tat tata vimatsaras tvam
uktam samatrapi yad avyalikam
aradhayadhoksaja-pada-padmam
yadicchase dhyasanam uttamo yatha

TRADUCTION

Ainsi, mon cher enfant, toutes les paroles prononcées par Suruci, ta belle-mère, bien qu'elles soient très dures à entendre, n'en sont pas moins conformes à la réalité. Si tu désires vraiment t'asseoir sur le même trône que ton demi-frère, Uttama, renonce donc à ton attitude envieuse et efforce-toi sur-le-champ d'appliquer les instructions de ta belle-mère. Sans plus attendre, tu dois te consacrer à l'adoration des pieds pareils-au-lotus de Dieu, la Personne Suprême.

TENEUR ET PORTEE

Les paroles blessantes que Suruci adressa à son beau-fils étaient conformes à la vérité, car à moins d'être béni par Dieu, la Personne Suprême, nul ne peut connaître de réussite dans l'existence. L'homme propose, et Dieu dispose. Suniti, la mère de Dhruva Maharaja, corrobora le conseil de Suruci selon lequel Dhruva devait se vouer à l'adoration du Seigneur Suprême. Indirectement, les paroles de Suruci furent une bénédiction pour Dhruva Maharaja, puisqu'elles influencèrent sa vie de telle sorte qu'il devint un grand dévot du Seigneur.

VERSET 20

yasyanghri-padmam paricarya visva-
vibhavanayatta-gunabhipatteh
ajo dhyatisthat khalu paramesthyam
padam jitatma-svasanabhivandyam

TRADUCTION

[Suniti poursuivit:]
La grandeur de Dieu est telle que, par la seule adoration de Ses pieds pareils-au-lotus, ton arrière-grand-père, Brahma, obtint les qualités requises pour créer cet univers. Bien qu'il soit non né et le souverain de tous les êtres vivants, il occupe ce poste éminent par la miséricorde de Dieu, la Personne Suprême, Lui qu'adorent même de grands yogis, en devenant maîtres de leur mental et des mouvements de l'air vital [prana].

TENEUR ET PORTEE

Suniti cite ici l'exemple de Brahma, l'arrière-grand-père de Dhruva Maharaja. Bien que Brahma soit, lui aussi, un être distinct, par la force de son ascèse et par la miséricorde du Seigneur Suprême, il obtint la position éminente de créateur de cet univers. Pour connaître le succès dans ses efforts quels qu'ils soient, l'homme doit donc non seulement se soumettre à de rudes austérités, mais également dépendre de la miséricorde de Dieu, la Personne Suprême. Cet enseignement avait été donné à Dhruva Maharaja par sa belle-mère, et maintenant c'était sa propre mère, Suniti, qui le confirmait.


Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare
Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare