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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 4 CHAPITRE 8 Dhruva Maharaja quitte
son foyer et gagne la forêt.
sotsrjya dhairyam vilalapa soka-
davagnina dava-lateva bala vakyam sapatnyah smarati saroja- sriya drsa baspa-kalam uvaha
Lorsqu'un homme connaît l'affliction, il se sent exactement comme une feuille qui brûle dans un feu de forêt. Telle était la situation de Suniti. Bien que son visage fût aussi ravissant qu'une fleur de lotus, il se dessécha sous l'effet du feu ardent provoqué par les paroles blessantes de l'autre reine.
dirgham svasanti vrjinasya param
apasyati balakam aha bala mamangalam tata paresu mamstha bhunkte jano yat para-duhkhadas tat
satyam surucyabhihitam bhavan me
yad durbhagaya udare grhitah stanyena vrddhas ca vilajjate yam bharyeti va vodhum idaspatir mam
Mon cher enfant, tout ce qu'a dit Suruci est exact, car le roi, ton père, ne me considère pas comme sa femme, ni même comme une domestique; à vrai dire, il a honte de moi. Tu as effectivement été mis au monde par une femme infortunée, et c'est nourri par son sein que tu as grandi.
atistha tat tata vimatsaras tvam
uktam samatrapi yad avyalikam aradhayadhoksaja-pada-padmam yadicchase dhyasanam uttamo yatha
Les paroles blessantes que Suruci adressa à son beau-fils étaient conformes à la vérité, car à moins d'être béni par Dieu, la Personne Suprême, nul ne peut connaître de réussite dans l'existence. L'homme propose, et Dieu dispose. Suniti, la mère de Dhruva Maharaja, corrobora le conseil de Suruci selon lequel Dhruva devait se vouer à l'adoration du Seigneur Suprême. Indirectement, les paroles de Suruci furent une bénédiction pour Dhruva Maharaja, puisqu'elles influencèrent sa vie de telle sorte qu'il devint un grand dévot du Seigneur.
yasyanghri-padmam paricarya visva-
vibhavanayatta-gunabhipatteh ajo dhyatisthat khalu paramesthyam padam jitatma-svasanabhivandyam
La grandeur de Dieu est telle que, par la seule adoration de Ses pieds pareils-au-lotus, ton arrière-grand-père, Brahma, obtint les qualités requises pour créer cet univers. Bien qu'il soit non né et le souverain de tous les êtres vivants, il occupe ce poste éminent par la miséricorde de Dieu, la Personne Suprême, Lui qu'adorent même de grands yogis, en devenant maîtres de leur mental et des mouvements de l'air vital [prana].
Suniti cite ici l'exemple de Brahma, l'arrière-grand-père de Dhruva Maharaja. Bien que Brahma soit, lui aussi, un être distinct, par la force de son ascèse et par la miséricorde du Seigneur Suprême, il obtint la position éminente de créateur de cet univers. Pour connaître le succès dans ses efforts quels qu'ils soient, l'homme doit donc non seulement se soumettre à de rudes austérités, mais également dépendre de la miséricorde de Dieu, la Personne Suprême. Cet enseignement avait été donné à Dhruva Maharaja par sa belle-mère, et maintenant c'était sa propre mère, Suniti, qui le confirmait.
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