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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 4 CHAPITRE 8 Dhruva Maharaja quitte
son foyer et gagne la forêt.
munayah padavim yasya
nihsangenoru-janmabhih na vidur mrgayanto pi tivra-yoga-samadhina
Après s'être appliqués à suivre cette voie pendant de très nombreuses vies et être demeurés à l'abri de toute souillure matérielle, continuellement absorbés dans la transcendance et exécutant maintes formes d'austérités, bien des yogis furent incapables d'atteindre à la perfection de la réalisation de Dieu.
ato nivartatam esa
nirbandhas tava nisphalah yatisyati bhavan kale sreyasam samupasthite
D'une façon générale, l'homme qui a été parfaitement éduqué se consacre à la perfection spirituelle à la fin de sa vie. Ainsi, selon le système védique, la vie d'un homme se divise en quatre périodes. La première est celle du brahmacarya, au cours de laquelle il étudie le savoir védique sous la direction d'un maître spirituel authentique. Il devient ensuite chef de famille et assume alors ses responsabilités familiales conformément au système védique. Puis, le chef de famille devient un vanaprastha, et graduellement, lorsqu'il atteint la maturité nécessaire, il renonce à la vie de famille et à celle de vanaprastha pour adopter le sannyasa, se consacrant alors entièrement au service de dévotion offert au Seigneur. Les gens pensent habituellement que l'enfance est faite pour jouer et s'amuser, la jeunesse pour trouver du plaisir dans la compagnie de jeunes filles, et que lorsque l'homme vieillit et qu'approche l'heure de la mort, il peut alors essayer de pratiquer le service de dévotion ou de suivre le processus du yoga. Toutefois, cette vision des choses ne saurait convenir aux bhaktas qui sont véritablement sérieux. Si Narada, ce grand sage, parle de la sorte à Dhruva Maharaja, c'est à seule fin de le mettre à l'épreuve. Car, à la vérité, c'est un devoir impératif pour l'homme que de s'engager dans la voie du service de dévotion, et ce, à n'importe quel âge. Néanmoins, il est du devoir du maître spirituel de mettre à l'épreuve son disciple afin de voir avec quel sérieux celui-ci désire se consacrer au service de dévotion. C'est seulement à ce moment-là qu'il pourra lui donner l'initiation spirituelle.
yasya yad daiva-vihitam
sa tena sukha-duhkhayoh atmanam tosayan dehi tamasah param rcchati
L'existence matérielle se compose d'actes intéressés pieux et impies. Tant que l'être se livre à des actes autres que ceux qui relèvent du service de dévotion, il doit connaître les joies et les peines de ce monde. Lorsque, d'un point de vue matériel, la vie semble nous sourire, cela indique que nous récoltons et diminuons du même coup les fruits de nos actes de piété. Et lorsque la souffrance nous accable, c'est que nous faisons diminuer la somme des fruits de nos actes impies. Au lieu de nous attacher aux joies et aux peines passagères résultant de nos actes vertueux ou impies, nous devrions accepter toute situation dans laquelle nous place la volonté du Seigneur si nous désirons échapper à l'emprise de cette ignorance. En effet, si nous nous abandonnons simplement à Dieu, la Personne Suprême, nous serons libérés des chaînes de cette existence matérielle.
gunadhikan mudam lipsed
anukrosam gunadhamat maitrim samanad anvicchen na tapair abhibhuyate
En général, lorsque nous nous trouvons en face d'une personne qui nous est supérieure, nous éprouvons de l'envie à son égard; lorsque nous avons devant nous quelqu'un qui nous est inférieur, nous nous moquons de lui; et, lorsque nous rencontrons des personnes de notre niveau, nous nous montrons très fiers de ce que nous faisons. Telles sont les causes de toutes les tribulations matérielles. C'est la raison pour laquelle le grand sage Narada professait qu'un dévot du Seigneur devrait agir de façon parfaite. Au lieu d'éprouver de l'envie devant une personne qui nous est supérieure, nous devrions être heureux de la recevoir. Plutôt que d'opprimer celui qui nous est inférieur, nous devrions faire preuve de compassion à son égard, à seule fin de l'élever au niveau requis. Et lorsque nous rencontrons une personne d'une condition égale à la nôtre, au lieu de tirer vanité de nos propres actes, nous devrions la traiter comme une amie. Enfin, nous devrions également avoir de la compassion pour les hommes en général, qui souffrent parce qu'ils oublient Krsna. Le respect de ces principes importants nous permettra de connaître le bonheur en ce monde matériel.
dhruva uvaca
so yam samo bhagavata sukha-duhkha-hatatmanam darsitah krpaya pumsam durdarso smad-vidhais tu yah
O Naradaji, pour celui dont le coeur est troublé par les joies et les peines de ce monde, tout ce qu'avec tant de bienveillance tu as expliqué sur l'art de parvenir à la sérénité constitue certainement un excellent enseignement. Mais, en ce qui me concerne, je suis recouvert par l'ignorance, et ce genre de philosophie ne touche pas mon coeur.
On classe les hommes en deux catégories; l'une d'elles regroupe ceux qui n'ont aucun désir matériel (akamis). En fait, le désir est toujours inhérent à l'être, qu'il soit matériel ou spirituel. Les désirs matériels se manifestent lorsque nous cherchons à satisfaire nos propres sens; mais lorsque nous sommes prêts à sacrifier n'importe quoi pour satisfaire Dieu, la Personne suprême, notre désir peut alors être considéré comme spirituel. Dhruva rejeta l'enseignement du grand saint Narada, car il s'estimait incapable d'appliquer une instruction qui interdisait tout désir matériel. Mais en réalité, il n'est pas exact que ceux qui nourrissent des désirs matériels ne peuvent pas adorer Dieu, la Personne Suprême. Tel est l'enseignement essentiel que l'on peut tirer de la vie de Dhruva. Ce dernier reconnaît ici en toute franchise que son coeur déborde de désirs matériels. Les cruelles paroles de sa belle-mère l'ont durement touché, alors qu'un être spirituellement élevé n'accorde pas d'importance au blâme ou aux louanges de qui que ce soit. La Bhagavad-gita enseigne que les êtres ayant véritablement atteint un haut degré de spiritualité ne se préoccupent pas des dualités de ce monde. Mais Dhruva Maharaja, lui, reconnaît franchement qu'il n'est pas au-dessus des sentiments que font naître joies et peines matérielles. Bien qu'il soit persuadé de la valeur de l'enseignement professé par Narada, il ne peut l'accepter. La question qui est ici soulevée est de savoir si une personne accablée de désirs matériels peut ou non adorer Dieu, la Personne Suprême. Et telle est la réponse: tout être a qualité pour adorer le Seigneur. Aurait-on même de nombreux désirs matériels à assouvir, il faut adopter la conscience de Krsna et adorer le Seigneur Suprême; Krsna est si miséricordieux qu'Il comble les désirs de chacun. Ce récit montrera clairement que rien ne peut empêcher quelqu'un d'adorer Dieu, la Personne Suprême, même s'il a de nombreux désirs matériels.
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |