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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 8 CHAPITRE 1 Les Manus,
administrateurs de l'univers.
krtam pura bhagavatah
kapilasyanuvarnitam akhyasye bhagavan yajno yac cakara kurudvaha
viraktah kama-bhogesu
satarupa-patih prabhuh visrjya rajyam tapase sabharyo vanam avisat
Comme le mentionne la Bhagavad-gita (4.2): evam parampara-praptam imam rajarsayo viduh —"Le savoir suprême fut ainsi transmis de maître à disciple; voilà comment les saints rois l'ont reçu et compris." Les Manus furent tous des rois parfaits: c'étaient des rajarsis. En d'autres termes, bien qu'ils fussent souverains du monde, ils n'en demeuraient pas moins de grands saints. Svayambhuva Manu, par exemple, était l'empereur du monde; pourtant, il n'éprouvait aucun désir pour les jouissances matérielles. Telle est la vraie signification de la monarchie. Le souverain d'un pays ou l'empereur doit être éduqué de telle sorte qu'il soit naturellement porté à renoncer aux plaisirs des sens. Devenir roi n'est pas une raison pour gaspiller de l'argent pour la satisfaction de ses sens. Dès que les rois se livrèrent à de tels agissements, dépensant de l'argent pour leur propre satisfaction, ils furent perdus. A présent, la monarchie ayant disparu, les gens ont créé la démocratie, qui est également un échec. Maintenant, de par les lois de la nature, le moment est bientôt venu où la dictature va plonger les citoyens dans des difficultés de plus en plus grandes. Si le chef d'Etat ou les membres du gouvernement ne peuvent diriger le pays selon les lois de la Manu-samhita, il est certain que leur gouvernement ne durera pas.
sunandayam varsa-satam
padaikena bhuvam sprsan tapyamanas tapo ghoram idam anvaha bharata
Srila Visvanatha Cakravarti Thakura fait observer que le mot anvaha signifie qu'il chanta ou murmura ces paroles pour lui-même, et non qu'il s'adressa à quelqu'un.
sri-manur uvaca
yena cetayate visvam visvam cetayate na yam yo jagarti sayane smin nayam tam veda veda sah
L'Etre Suprême a créé ce monde matériel et l'a animé: Lui-même n'a pas été créé par ce monde. Quand tout est silencieux, Lui demeure éveillé, comme un témoin. L'être vivant ne Le connaît pas, mais Lui connaît tout.
Ce verset fait apparaître une différence entre Dieu, la Personne Suprême, et les êtres vivants. Nityo nityanam cetanas cetananam. Selon les Vedas, le Seigneur est l'Etre éternel suprême. La différence entre l'Etre Suprême et l'être vivant ordinaire est que lorsque le monde matériel est annihilé, tous les êtres vivants sont plongés dans le silence et dans l'oubli, dans un état de rêve ou d'inconscience, alors que l'Etre Suprême, Lui, demeure éveillé en Sa qualité de témoin de toutes choses. Cet univers matériel est créé, il subsiste pendant un certain temps, puis il est anéanti. Au cours de ces changements, cependant, l'Etre Suprême reste éveillé. Dans la condition matérielle de tous les êtres vivants, il existe trois stades de rêve. Quand le monde matériel est éveillé et animé, ils vivent une sorte de rêve, un rêve éveillé. Quand ils dorment, ils rêvent là encore. Et lors de leur inconscience durant la période de l'anéantissement, quand cet univers matériel se retrouve à l'état non manifesté, ils entrent dans une autre forme de rêve. Ainsi, quelle que soit leur condition en ce monde matériel, ils sont tous dans un état de rêve. Dans le monde spirituel, au contraire, tout est en éveil.
atmavasyam idam visvam
yat kincij jagatyam jagat tena tyaktena bhunjitha ma grdhah kasya svid dhanam
Ayant défini la position de Dieu, la Personne Suprême, comme transcendantale, Svayambhuva Manu, pour le bénéfice des fils et des petits-fils de sa dynastie, déclare maintenant que toutes choses en cet univers appartiennent au Seigneur. Les instructions de Manu ne sont pas seulement destinées à ses propres fils et petits-fils, mais à la société humaine tout entière. Le mot anglais "man" (ou, en sanskrit, manusya), qui signifie "homme", est un dérivé du nom Manu, car tous les êtres humains sont des descendants du Manu originel. La Bhagavad-gita (4.1) fait aussi mention de Manu:
Svayambhuva Manu enseigne que tout ce qui existe, dans le monde spirituel comme dans le monde matériel, appartient à Dieu, la Personne Suprême, omniprésent en tant que conscience suprême. Ksetra-jnam capi mam viddhi sarva-ksetresu bharata: la Bhagavad-gita (13.3) confirme que dans chaque champ d'action, c'est-à-dire dans chaque corps, le Seigneur Suprême est présent sous la forme de l'Ame Suprême. Chaque âme se voit attribuer un corps dans lequel elle peut vivre et agir selon les directives de la Personne Suprême, qui réside donc également dans chaque corps. Nous ne devrions pas penser que nous sommes indépendants, mais plutôt comprendre qu'une certaine partie de la propriété totale du Seigneur Suprême nous a été attribuée. Cette intelligence mènera l'humanité au communisme parfait. Les communistes pensent à l'échelle de leur pays, alors que le communisme spirituel mentionné ici n'est pas national mais universel. Rien n'appartient au pays, ou aux individus; tout appartient à Dieu, la Personne Suprême. Telle est la signification de ce verset. Atmavasyam idam visvam: tout ce qui existe dans cet univers est la propriété de Dieu, la Personne Suprême. La théorie moderne du communisme ainsi que la conception des Nations Unies peuvent être rectifiées et trouver leur vrai sens dans la compréhension que tout appartient à Dieu. Le Seigneur n'est pas une création de notre intelligence; c'est Lui, plutôt, qui nous a créés. Atmavasyam idam visvam. Isavasyam idam sarvam. Ce communisme universel peut résoudre tous les problèmes du monde. Chacun devrait savoir, comme l'enseignent les Vedas, que le corps n'est pas la propriété de l'âme, mais qu'il lui est donné en fonction de son karma. Karmana daiva-netrena jantur dehopapattaye. Les 8 400 000 sortes de corps sont des machines attribuées aux âmes individuelles. La Bhagavad-gita (18.61) le confirme dans le verset suivant:
Tout appartient au Suprême, et l'on ne devrait donc pas usurper la propriété d'autrui. L'homme a tendance à fabriquer toutes sortes de choses. Aujourd'hui tout spécialement, il construit par exemple des gratte-ciel et invente nombre de commodités matérielles. Nous devrions être conscients, cependant, que les matériaux utilisés pour la construction des gratte-ciel et des machines ne peuvent être fabriqués par personne d'autre que Dieu, la Personne Suprême. Le monde entier n'est qu'une combinaison des cinq éléments matériels (tejo-vari-mrdam yatha vinimayah). Un gratte-ciel est une transformation de terre, d'eau et de feu —en d'autres termes, il s'agit essentiellement d'une grande construction de briques, lesquelles sont un mélange de terre et d'eau cuit dans le feu. L'homme peut fabriquer des briques, mais pas leurs ingrédients de base. Bien sûr, l'homme, en tant que fabricant, peut être rétribué par Dieu, la Personne Suprême, ce que confirme notre verset: tena tyaktena bhunjithah. Toutefois, ni le constructeur d'un gratte-ciel, ni l'ouvrier, ni l'agent immobilier ne peuvent revendiquer un droit de propriété. Le bâtiment appartient à la personne qui en a financé la construction. C'est Dieu qui a fabriqué l'eau, la terre, l'air, le feu et l'éther; l'homme peut les utiliser et se faire rétribuer (tena tyaktena bhunjithah). Il ne peut cependant prétendre être le propriétaire de quoi que ce soit. Voilà le communisme parfait. L'homme ne devrait utiliser sa tendance à construire des grands bâtiments que pour ériger de magnifiques temples, pour y installer la murti de Dieu, la Personne Suprême. Son désir de construire sera alors comblé. Tout devrait être offert au Seigneur car tout Lui appartient, et nous ne devrions prendre que ce qu'Il nous accorde, ou prasada (tena tyaktena bhunjithah). Nous ne devrions pas nous battre pour acquérir plus que ce dont nous avons besoin. A ce sujet, Narada dit à Maharaja Yudhisthira:
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |