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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 8 CHAPITRE 1 Les Manus,
administrateurs de l'univers.
yam pasyati na pasyantam
caksur yasya na risyati tam bhuta-nilayam devam suparnam upadhavata
Srimati Kuntidevi, la mère des Pandavas, dit dans une prière qu'elle adresse à Krsna: alaksyam sarva-bhutanam antar bahir avasthitam —"Krsna, Tu es à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de tout; néanmoins, les âmes conditionnées, dénuées d'intelligence, ne peuvent Te voir." Il est dit dans la Bhagavad-gita que l'on peut voir Dieu, la Personne Suprême, par les yeux du savoir (jnana-caksusah). Or, le maître spirituel est celui qui ouvre ces yeux du savoir; voilà pourquoi on lui offre la prière suivante:
Dieu est toujours pleinement conscient. Conditionnés par la matière, nous sommes sujets à l'oubli car nous changeons de corps, mais Dieu, Lui, ne change pas de corps, et Il connaît le passé, le présent et l'avenir. Krsna dit dans la Bhagavad-gita (4.1): imam vivasvate yogam proktavan aham avyayam —"J'ai donné cette connaissance scientifique de Dieu —la Bhagavad-gita— au deva du Soleil il y a plus de quarante millions d'années." Quand Arjuna demanda à Krsna comment Il pouvait Se souvenir de faits qui s'étaient déroulés si longtemps auparavant, Krsna lui répondit que lui aussi —Arjuna— était présent à cette époque. Comme Arjuna est l'ami de Krsna, il L'accompagne partout où Il va. Mais à la différence de Krsna, qui Se souvient de tout, l'être vivant, comme Arjuna, infime partie du Seigneur Suprême, oublie. Aussi dit-on que l'attention du Seigneur ne se relâche jamais. La Bhagavad-gita (15.15) le confirme: sarvasya caham hrdi sannivisto mattah smrtir jnanam apohanam ca —"Dieu, la Personne Suprême, est toujours présent dans le coeur de tous les êtres sous la forme de l'Ame Suprême, et c'est de Lui que viennent la mémoire, le savoir et l'oubli." Cela est également indiqué dans notre verset par le mot suparnam, qui signifie "ami". On trouve aussi mentionné dans la Svetasvatara Upanisad (4.6) que deux oiseaux amis se trouvent dans le même arbre (dva suparna sayuja sakhaya samanam vrksam parisasvajate). Le premier mange les fruits de l'arbre tandis que l'autre ne fait que l'observer. L'oiseau témoin demeure toujours présent comme un ami aux côtés de l'oiseau qui mange et lui rappelle ce qu'il voulait faire. Ainsi, celui qui prend Dieu, la Personne Suprême, en considération dans ses activités quotidiennes, peut Le voir ou au moins percevoir Sa présence en tous lieux. Caksur yasya na risyati: si nous ne pouvons pas Le voir, cela ne signifie pas pour autant que Lui ne nous voit pas. Et Il ne meurt pas non plus quand la manifestation cosmique est anéantie. On donne à ce propos l'exemple suivant: lorsqu'il fait soleil, c'est que le Soleil lui-même est présent. Mais lorsqu'il ne brille pas dans le ciel ou lorsqu'on ne peut pas le voir, ce n'est pas qu'il n'existe plus. Il est toujours là, mais on ne peut le voir. De même, étant dans les ténèbres à cause de notre manque de savoir, nous ne pouvons voir Dieu, la Personne Suprême, mais Lui est toujours présent et voit ce que nous faisons. Sous la forme de l'Ame Suprême, Il est le conseiller de l'âme et le témoin de ses actes (upadrasta et anumanta). Par suite, en suivant les instructions d'un maître spirituel et en étudiant les Ecritures faisant autorité, on peut comprendre que Dieu est présent devant nous et qu'Il voit tout, bien que nous n'ayons pas les yeux pour Le voir.
na yasyady-antau madhyam ca
svah paro nantaram bahih visvasyamuni yad yasmad visvam ca tad rtam mahat
La Brahma-samhita (5.1) décrit Krsna, Dieu, la Personne Suprême, de la manière suivante:
sa visva-kayah puru-huta-isah
satyah svayam-jyotir ajah puranah dhatte sya janmady-ajayatma-saktya tam vidyayodasya niriha aste
Dans Sa prière intitulée le Siksastaka, Sri Caitanya Mahaprabhu dit que Dieu, la Personne Suprême, possède de nombreux Noms, qui ne sont pas différents de Lui-même (namnam akari bahudha nija-sarva-saktih). Telle est l'une des caractéristiques de l'existence spirituelle. En récitant ou en chantant le maha-mantra Hare Krsna, qui est composé de Noms du Seigneur Suprême, on s'aperçoit que ces Noms possèdent toutes les puissances de la Personne même de Dieu. Les Activités du Seigneur sont nombreuses, et à chacune d'entre elles correspond un Nom. Le Seigneur est apparu comme le fils de Yasoda et aussi comme celui de Devaki, et c'est pourquoi on L'appelle Yasoda-nandana et Devaki-nandana. Parasya saktir vividhaiva sruyate: du Seigneur émane une multitude d'énergies, et c'est pourquoi Ses voies sont multiples. Il a cependant un Nom particulier. Les Ecritures sacrées, les sastras, précisent les Noms que nous devrions réciter ou chanter, comme par exemple hare krsna, hare krsna, krsna krsna, hare hare. Nul besoin de chercher un Nom ou d'en inventer un. Nous devons plutôt suivre l'exemple de grands saints et les injonctions des Ecritures sacrées dans la manière de chanter Son Saint Nom. Bien que les énergies matérielle et spirituelle appartiennent toutes deux au Seigneur, il est impossible de Le connaître tant que l'on demeure influencé par l'énergie matérielle. Mais quand on accède au niveau de l'énergie spirituelle, Il devient très facile à connaître. Mayam vyudasya cic-chaktya kaivalye sthita atmani (S.B., 1.7.23). Bien que l'énergie externe appartienne au Seigneur, il demeure très difficile à concevoir pour celui qui évolue dans cette énergie (mama maya duratyaya). On peut Le comprendre cependant lorsqu'on accède à l'énergie spirituelle. C'est pourquoi la Bhagavad-gita (18.55) enseigne que celui qui veut connaître Dieu, la Personne Suprême, tel qu'Il est, doit accéder au niveau de la bhakti, ou conscience de Krsna (bhaktya mam abhijanati yavan yas casmi tattvatah). La bhakti consiste en une variété d'activités (sravanam kirtanam visnoh smaranam pada-sevanam/ arcanam vandanam dasyam sakhyam atma-nivedanam), et pour connaître le Seigneur il faut emprunter cette voie du service de dévotion. Bien que les hommes aient oublié Dieu et qu'ils déclarent même parfois qu'Il est mort, il n'en est rien. On peut connaître Dieu en se joignant au Mouvement pour la Conscience de Krsna, et atteindre ainsi au bonheur.
athagre rsayah karman-
ihante karma-hetave ihamano hi purusah prayo niham prapadyate
Krsna dit dans la Bhagavad-gita (3.9): yajnarthat karmano nyatra loko yam karma-bandhanah —"Il faut se livrer à l'action, mais l'offrir en sacrifice à Visnu; autrement, elle enchaîne son auteur au monde matériel." La tendance générale est de travailler d'arrache-pied pour trouver le bonheur ici-bas, mais malgré tous les efforts des hommes du monde entier pour atteindre cet objectif, les actes intéressés ne créent malheureusement que des problèmes. En conséquence, il est recommandé aux gens actifs d'agir dans la conscience de Krsna, c'est-à-dire dans le cadre du yajna, car ils pourront ainsi atteindre graduellement le niveau du service de dévotion. Le mot yajna désigne Sri Visnu, le yajna-purusa, le bénéficiaire de tous les sacrifices (bhoktaram yajna-tapasam sarva-loka-mahesvaram). Tout existe en fait pour le plaisir de Dieu, la Personne Suprême, et par conséquent, si nous commençons à agir dans le but de Le satisfaire, nous perdrons progressivement notre attrait pour les actes matériels. Suta Gosvami déclarait à la vaste assemblée de sages de Naimisaranya:
Tant que l'on est pris dans les rets du karma-bandhana, on doit revêtir diverses sortes de corps qui n'offrent pas les mêmes privilèges que le corps humain. C'est pourquoi le karma-yoga est recommandé dans la Bhagavad-gita (6.3):
dusta mana! tumi kisera vaisnava?
"Mon cher mental, quelle sorte de dévot fais-tu? Pour une adoration de peu de prix, tu t'installes dans un endroit solitaire et prétends réciter le maha-mantra Hare Krsna. Fourberie que tout cela!" Récemment, à Mayapura, un bhakta originaire d'Afrique voulut imiter Haridasa Thakura, mais il ne put rester en place et partit après quinze jours. N'essayez pas d'imiter Haridasa Thakura prématurément. Agissez plutôt dans la conscience de Krsna, et ainsi vous atteindrez progressivement la libération (muktir hitvanyatha rupam svarapena vyavasthitih).
pratisthara tare, nirjanera ghare, tava hari-nama kevala kaitava.
ihate bhagavan iso
na hi tatra visajjate atma-labhena purnartho navasidanti ye nu tam
Il est écrit dans la Bhagavad-gita (3.9): yajnarthat karmano nyatra loko yam karma-bandhanah — "Il faut se livrer à l'action mais en l'offrant en sacrifice à Visnu; autrement, elle enchaîne son auteur au monde matériel." L'action dénuée de conscience de Krsna emprisonne l'âme dans la matière, comme le ver à soie dans son cocon. Dieu, la Personne Suprême, Krsna, apparaît dans ce monde afin de nous enseigner l'art d'agir de manière à ne pas être pris dans les rets de la matière. Notre véritable problème est que nous sommes empêtrés dans les activités matérielles. Parce que nous sommes conditionnés, nous poursuivons notre lutte en ce monde vie après vie, au sein de différentes espèces, en guise de punition. A ce sujet, le Seigneur dit dans la Bhagavad-gita (15.7):
Il est possible de suivre les enseignements de Krsna si l'on est un bhakta, car Krsna demande que l'on devienne Son dévot. Man-mana bhava mad-bhakto mad-yaji mam namaskuru: "Emplis toujours de Moi ton mental et deviens Mon dévot, offre-Moi ton hommage et voue-Moi ton adoration." (B.g., 18.65) Pour penser à Krsna sans faillir, il faut réciter le mantra Hare Krsna, mais ceci requiert que l'on soit un bhakta initié. Dès lors, on prend également part à l'adoration de la murti (mad-yaji). Le bhakta offre sans cesse son hommage au Seigneur et au maître spirituel. Telle est la voie recommandée par ceux qui font autorité en matière spirituelle pour atteindre la bhakti. Dès que l'on parvient à ce niveau, on acquiert progressivement la connaissance de Dieu, la Personne Suprême, connaissance qui nous libère des chaînes de la matière.
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |