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SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 1 CHAPITRE 14 Le départ de Sri Krsna
hors de ce monde.
yudhisthira uvaca
sampresito dvarakayam jisnur bandhu-didrksaya jnatum ca punya-slokasya krsnasya ca vicestitam
J'ai envoyé Arjuna à Dvaraka pour qu'il y rencontre ses amis, mais aussi pour qu'il y interroge le Seigneur Suprême, Sri Krsna, sur Ses desseins.
gatah saptadhuna masa
bhimasena tavanujah nayati kasya va hetor naham vededam anjasa
api devarsinadistah
sa kalo yam upasthitah yadatmano ngam akridam bhagavan utsisrksati
Le Seigneur Suprême, Sri Krsna, possède, nous l'avons déjà mentionné plusieurs fois, diverses émanations plénières, qui chacune, d'égale puissance, accomplissent néanmoins des tâches différentes. Ainsi trouvons-nous dans la Bhagavad-gita diverses paroles du Seigneur s'appliquant à différentes émanations plénières ou émanations d'émanations plénières de Sa Personne:
"Chaque fois qu'en quelque endroit de l'univers, la spiritua-
Ces déclarations du Seigneur valent pour les diverses émanations plénières de Sa Personne, tels Sankarsana, Vasudeva, Pradyumna, Aniruddha et Narayana. Elle sont toutes Lui-même sous différentes formes spirituelles et absolues. Cependant, Sri Krsna, le Seigneur dans Sa Forme primordiale, Se livre éternellement à des échanges sublimes avec divers degrés de bhaktas et Il apparaît dans cette Forme une fois par jour de Brahma (soit à tous les 8 milliards 640 millions -8 640 000 000- d'années solaires), et ce dans chacun des univers matériels, où Il dévoile alors Ses Divertissements spirituels et absolus, dans un cycle sans fin. Les rôles qu'emprunte le Seigneur, tantôt comme Sri Krsna, tantôt comme Vasudeva, et ainsi de suite, sont trop complexes dans leur enchaînement pour être élucidés par l'homme du commun. Car, s'il n'y a aucune différence entre la Personne du Seigneur et Son Corps spirituel, Ses émanations n'en remplissent pas moins des fonctions différentes. Et lorsque le Seigneur apparaît dans Sa Forme originelle, en tant que Sri Krsna, toutes Ses émanations plénières se joignent à Lui par la puissance inconcevable de Sa yoga-maya; ainsi, le Krsna de Vrndavana diffère de celui de Mathura ou de Dvaraka.lité voit un déclin, et que s'élève l'irréligion, ô descendant de Bha- rata, Je descends en personne."(1)
"J'apparais d'âge en âge afin de délivrer Mes dévots, d'anéan-
"Si Je M'abstenais d'agir, tous les univers sombreraient dans
"Quoi que fasse un grand homme, la masse des gens marche De même, la virata-rupa de Krsna, qui représente la conception matérielle de Sa Forme, et qu'Il montra sur le champ de Bataille de Kuruksetra, diffère, par Sa puissance inconcevable, de Sa Personne propre. Ainsi, lorsque nous lisons que Krsna fut, pour ainsi dire, tué, frappé par la flèche d'un chasseur, nous devons comprendre qu'Il a quitté, et laissé en ce monde, Sa soi-disant forme matérielle. Le Seigneur est kaivalya, il n'y a, pour Lui, nulle différence entre matériel et spirituel, car tous deux sont créés par Lui. En sorte que pour Lui, rejeter un corps ou en accepter un autre, cela n'est en rien comparable à ces métamorphoses chez un être ordinaire. Par le fait de Sa puissance inconcevable, toutes Ses Activités sont à la fois identiques et distinctes. Et lorsque Maharaja Yudhisthira redoute Sa disparition de ce monde, c'est par usage, comme on pleure la disparition d'un grand ami; car en fait, au contraire de ce que croient des intelligences affaiblies, le Seigneur ne quitte jamais Son Corps spirituel. Ces sots, connus sous le nom de mudhas, Krsna les a Lui-même condamnés dans la Bhagavad-gita. Notre verset implique que le Seigneur aurait quitté Son Corps; mais cela signifie qu'Il a de nouveau laissé partir Ses émanations plénières dans leur dhama, dans leur demeure spirituelle respective, de même qu'Il a laissé Sa virata-rupa dans cet univers.
(1) yada yada hi dharmasya glanir bhavati bharata
yasman nah sampado rajyam
darah pranah kulam prajah asan sapatna-vijayo lokas ca yad-anugrahat
La prospérité matérielle se traduit par une épouse fidèle, un foyer confortable, des terres à suffisance, de bons enfants, des relations aristocratiques, des victoires sur ses compétiteurs, par l'acquisition, grâce à des actes de piété, d'une place sur les planètes édéniques, où l'on jouit de conditions de vie matérielles bien plus favorables encore. Ces plaisirs, un dur labeur ou des manoeuvres douteuses ne peuvent suffire à les procurer: ils ne sont offerts que par la miséricorde du Seigneur Suprême, tout comme en dépend la prospérité acquise par notre travail. Il est bien entendu que l'effort personnel doit toujours être présent, mais sans la bénédiction du Seigneur, nul ne peut connaître le succès, quelle que soit la somme des efforts fournis. Cependant, l'homme moderne, l'homme du kali-yuga, ne croit plus qu'en le labeur personnel, et renie la bénédiction du Seigneur Suprême. Il s'est même trouvé un important sannyasi indien pour donner des conférences à Chicago, où il contestait l'existence d'une telle bénédiction. Quant aux sastras védiques, comme nous le révèlent les pages du Srimad-Bhagavatam, ils sont formels: l'issue dernière de toute entreprise repose entièrement entre les mains du Seigneur Suprême. Maharaja Yudhisthira admet que c'est à la grâce du Seigneur qu'il doit sa réussite personnelle; et quiconque cherche le plein succès doit marcher sur les traces d'un aussi grand roi et dévot du Seigneur. Si la réussite ne dépendait pas de la sanction du Seigneur, alors la médecine, pour ne citer que cet exemple, serait infaillible. Mais la vérité est qu'en dépit des thérapeutiques les plus perfectionnées, appliquées, par les praticiens les plus compétents, tel patient ne pourra être sauvé, quand tel autre, jugé perdu, retrouvera miraculeusement la santé sans aucun soin médical. Ce qui nous permet de conclure que la sanction de Dieu est le facteur essentiel de toute réussite, comme de tout échec. Ainsi, tout homme qui voit ses entreprises couronnées de succès devrait se montrer reconnaissant d'abord envers le Seigneur pour tout ce qu'il a obtenu par Sa grâce.
pasyotpatan nara-vyaghra
divyan bhauman sadaihikan darunan samsato durad bhayam no buddhi-mohanam
Le progrès matériel entraîne avec lui l'accroissement des trois formes de souffrance: céleste, terrestre et physique, ou mentale. L'influence des astres entraîne de nombreuses calamités, tel la chaleur et le froid excessifs, les pluies surabondantes ou insuffisantes, etc., avec pour résultat famine et maladie, indigence et épidémie, ou, d'une manière plus générale, souffrance physique et désolation mentale. La science matérielle, issue de l'intelligence humaine, ne peut rien pour adoucir ces trois formes de souffrance, châtiments créés par la force supérieure de maya sous la direction du Seigneur Suprême. Aussi notre union constante avec le Seigneur à travers le service de dévotion peut-elle seule nous soulager de maya et nous affranchir de toute angoisse dans l'accomplissement de nos devoirs humains. Au contraire, les asuras, qui refusent l'existence de Dieu, opposent à ces trois formes de souffrance leurs propres plans et recherches; aussi chacune de leurs tentatives se traduit-elle par un échec. La Bhagavad-gita met en lumière ce fait que l'influence dominante des trois gunas empêche l'être conditionné de vaincre l'énergie matérielle; si bien que cette influence ne peut être brisée que par celui qui s'abandonne pleinement, et avec dévotion, aux pieds pareils-au-lotus du Seigneur.(1)
(1) daivi hy esa gunamayi mama maya duratyaya
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |