Voici quelques anecdotes racontées par George Harrison.

Un jour, j'étais à bord d'un avion traversant un orage électrique. La foudre frappa l'appareil à trois reprises et un Boeing 707 passa juste au-dessus de nous, nous évitant de quelques centimètres. Je croyais que la queue de l'avion avait volé en éclats. Je me rendais de Los Angeles à New York pour organiser le concert au profit du Bangladesh. Dès que notre appareil s'est mis à rebondir, j'ai commencé à chanter Hare Krishna, Hare Krishna, Krishna Krishna, Hare Hare / Hare Rama, Hare Rama, Rama Rama, Hare Hare. Cela dura une heure et demie, peut-être plus. L'avion tombait de plusieurs centaines de mètres à la fois, fortement secoué par l'orage et ce, toutes lumières éteintes et dans un fracas d'explosions formidables. La terreur régnait. Quant à moi, je terminai le voyage les pieds calés contre le dossier du siège avant, ma ceinture de sécurité serrée au maximum; agrippé aux accoudoirs, je hurlais littéralement le mantra, conscient que mon sort en dépendait. Peter Sellers a juré avoir aussi été sauvé d'un accident d'avion de la même façon.

La vie que je mène me permet parfois de vraiment m'absorber dans le mantra, de sorte que plus je m'y consacre, plus c'est difficile pour moi de m'arrêter, car je crains de perdre la sensation qui m'envahit alors. À titre d'exemple, un jour au cours d'un voyage France-Portugal, j'ai récité le mantra pendant quelque 23 heures consécutives au volant de mon auto. Je me sentais presque invincible. Le plus drôle c'est que je ne connaissais même pas le chemin. J'avais une carte et je savais grosso modo dans quelle direction aller, mais je ne parlais ni français ni espagnol ou portugais. Mais tout cela n'avait guère d'importance. Tu comprends, dès que tu t'absorbes dans ce mantra, les événements revêtent un caractère transcendantal.

Avant de rencontrer les dévots, j'avais acheté l'album de Prabhupada enregistré à New York; John Lennon et moi l'avons écouté. Je me souviens avoir chanté avec lui le mantra pendant des jours, souvent jusqu'à six heures de suite en nous accompagnant à la guitare hawaïenne, tout en naviguant dans les îles grecques. Une fois lancés, on ne pouvait plus s'arrêter. On chantait donc jusqu'à en avoir les mâchoires endolories. Nous étions exaltés; ce fut pour nous des moments de grand bonheur.

Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare

Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare